Saint Jean Baptiste au Péage de Roussillon

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L’ancienne église du Péage (XIIème siècle) était située sur la place de la Halle (maintenant place François Mitterand), plus petite qu aujourd’hui et flanquée, au nord, du cimetière définitivement interdit en 1808 et déplacé en son lieu actuel.
Dès le début du XIXème siècle, son exiguïté et son très mauvais état incitent la municipalité et la paroisse à envisager un nouveau lieu de culte.
La place Paul Morand d’aujourd’hui était, alors, un pré appartenant à Dame Marie Feyat, veuve Merle. En 1824, selon l’intention de son mari, elle offre spontanément d’en céder une partie pour l’implantation de l’église projetée, à l’ouest du pré ; mais le lieu ne convient pas. Après bien des tergiversations, on choisit une parcelle au nord-est de ce pré, jouxtant la route de Condrieu, ce qui explique que l’église n’est pas « orientée » comme il est de règle, l’entrée ne pouvant se faire autrement que sur cette rue.
Le 5 novembre 1837, sur les plans de M. Haour, architecte à Vienne, les travaux sont confiés au M. Baudry et la première pierre posée le 3 janvier 1838 par le Curé Pierre Brunaz, Jacques Nicolas Dorel étant maire (1834-1839).
En cours de construction, le plan primitif a subi diverses modifications : agrandissement du chœur, le clocher qui n’était pas prévu, le fronton de la façade. La somme des travaux s’élève finalement à 30.178 francs couverts, partie par la commune par la vente de communaux, partie par les fidèles de la paroisse et des dons divers.
L’église est bâtie en galets et mortier, les arêtes, jambages, piliers, fenêtres en molasse prise dans des carrières voisines. Le plan en est simple : nef centrale de cinq travées et bas côtés – pas de transept – prolongée par le chœur et le chevet semi circulaire.
Le bas-côté droit se termine par l’autel de la Sainte Vierge (offert par Mlle Eulalie Dumay), le bas-côté gauche par l’autel de Saint Joseph.
Le clocher est modeste et couvert d’un simple toit à quatre pans mais il renferme deux cloches provenant de l’ancienne église et une horloge sans cadran, c’est-à-dire indiquant l’heure uniquement par une sonnerie (don d’Auguste Nivoley).
Les travaux durent deux ans ; le 20 février 1840, l’église est achevée et le curé Brunaz en prend officiellement possession sous le vocable de Saint Jean Baptiste le 23 juin 1840. Elle sera consacrée par Monseigneur Philibert de Bruillard le 25 août 1840. A ce moment le maire du Péage est depuis le 28 décembre 1839 Jean Alphée André.
Une plaque apposée à la contre-façade porte ces mots :

D.O.M.
HOC TEMPLUM OMNIUM CURA
D BRUNAZ PARROCHO D DOREL 1838
ET ANDRE 1840 URBIS PRAEFECTIS
D HAOUR ARCHITECTO
ET BAUDRY STUCTORORE
DICATUM EST DIE 26 AUGUSTI ANNI 1840
SUB ILLUSTRISSIMO D PHILIBERTO
DE BRUILLARD GRATIANO POLITANO PONTIFICE

traduction : ce temple par les soins de tous – M. Brunaz étant curé, Mrs Dorel 1838 et André 1840 maires de la ville – M. Haour architecte – a été consacré le 20 août de l’an 1840 – par l’illustrissime Seigneur Philibert de Bruillard évêque de Grenoble.

1863 – Le conseil de Fabrique s’engage sur ses deniers à doter d’une flèche le clocher de l’église. Il faut cependant attendre 1890 pour que les travaux soient commencés : le clocher est repris, je pense, à partir du 2ème étage et terminé non par une flèche, mais par une coupole surmontée d’un lanternon ; c’est l’état actuel.
Le 10 mai 1891, la commune donne l’autorisation de hisser dans le clocher une troisième cloche, bien plus grosse que les deux autres (don de la famille Thomas).
Voici le relevé des inscriptions que l’on peut voir sur ces trois cloches :

  • Petite cloche :

    J’AY ETE FONDUE D’APRES UNE SOUSCRIPTION VOLONTAIRE DES CONFRERES PENITENTS DITS GONFALONS DE CETTE PAROISSE LE MOIS D’AOUT SOUS LE RECTORAT DE Sr MICHEL GOUY
    JE ME NOMME JOSEPHINE JEANNE MARIE
    J’AY EU POUR PARRAIN Sr JOSEPH ANDRE ET POUR MARRAINE Delle JEANNE MARIE OLLION FEMME MAZAUD

    Rosier fondeur

  • Cloche moyenne :

    CETTE CLOCHE A ETE FONDUE D’APRES UNE SOUSCRIPTION VOLONTAIRE PENDANT LA MAIRIE DE M. FABRE TERRENEUVE DANS LE MOIS D’AOUT 1821. ELLE SE NOMME CAROLINE MADELEINE. LE PARRAIN A ETE M. JACQUES CHARLES PERRET CURE DE LA PAROISES (sic) TE (sic) LA MARRAINE Mlle MAGDEILENE (sic) FAUCHER DE PUISSANTOUR

    J.B. Rosier

    Ces deux cloches proviennent de l’ancienne église.

  • Grosse cloche :

    DON DE LA FAMILLE THOMAS A LA FABRIQUE DU PEAGE 1890 MARRAINE JEANNE JOSEPHINE GAUTHIER Veuve THOMAS PARRAIN JUST MATHIEU THOMAS MAIRE PAUL MORAND CURE SYLVAIN NOVAT

    Laudate dominum in cymbalis

    Burdin Ainé, fondeur à Lyon

1887 : On construit une tribune qui coiffe la porte d’entrée soutenue par deux colonnes en fonte et on y installe un petit orgue Merklin et des bancs pour la chorale. Tout ceci a disparu et un orgue plus important a été placé dans le chœur (1973).
1891 : Le conseil municipal décide l’installation d’une horloge à quatre cadrans dont l’emplacement avait été prévu, remplacée depuis, mais le mécanisme a été conservé et peut se voir à la salle des fêtes en parfait état.
Le temps passe et jusqu’après la guerre de 39/45 rien ne change sinon l’ornementation intérieure qui se charge peu à peu d’éléments plus ou moins heureux et parfois encombrants jusqu’au « grand nettoyage », plus ou moins iconoclaste, des années d’après guerre.

Plusieurs cartes postales nous la montrent telle qu’elle était aux environs de 1950 et on peut faire la comparaison avec 2008 :

  • Le maître autel en marbre blanc et ses grands chandeliers en laiton ont disparu, remplacés, lorsque la messe face au peuple a été instaurée, par un banal autel en bois.

  • Les stalles qui étaient disposées autour du chœur ont été enlevées.

  • La « table de communion » en ferronnerie ouvragée, couverte d’une rampe en laiton a été supprimée (don de M. Pirouard). L’inscription sur le sol de la nef existe encore.

  • La mosaïque qui couvre le sol du sanctuaire comporte une inscription « souvenir de l’Abbé Pirouard » probablement parce qu’elle est un don de ce prêtre, ancien curé de Tourdan et retraité vivant au Péage où il est enterré († à 49 ans) le 2 août 1855.

  • La chaire n’existe plus.

  • L’autel de la Vierge terminant le bas côté droit est d’origine. Il avait été offert par Mlle Eulalie Dumay ; la statue a été récemment restaurée (2008).

  • L’autel de Saint Joseph, à gauche, lui aussi d’origine, a subsisté.

  • Il y avait aussi, toujours à l’origine un chemin de croix, scènes de la Passion, en haut relief.

  • Les fonts baptismaux d’origine, ont été conservés, sauf la balustrade qui les entourait, – mais déplacés et surmontés d’une statue de Saint Jean Baptiste qui appartenait à un autel qui lui était dédié ; l’ensemble avait été offert par Mlle Sylvie Revoux.

  • L’église avait été, peu à peu, remplie de statues (une bonne dizaine grandeur nature), dans le chœur et dans la nef, de luminaires attachés aux voûtes, tous en verrerie compliquée. Il n’en reste rien.

  • La façade comportait deux niches creusées de part et d’autre de la porte d’entrée, peut-être pour y installer des statues, ce qui n’a jamais été fait. Elles ont été bouchées dans les années 50, lors de travaux de ravalement.

  • Après la guerre de 1914, une plaque en haut relief commémorait les morts du Péage, presque identique à celle du monument aux morts, place de la gare, mais « christianisée » a été fixée contre le mur sud.

  • Rappelons aussi l’incendie du jeudi 12 août 1909 qui détruisit en partie la sacristie et endommagea gravement l’intérieur de l’église.

  • La dernière intervention date de novembre 2001 : tout l’intérieur de l’église a été nettoyé et repeint, ainsi que le clocher remis à neuf. Un tambour a été placé à la porte d’entrée.

D’après M. Jean Moulin

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