Saint Laurent de Chanas

retour page accueil

Cliquez pour situer l’église

Origine et historique
       C’est le 10 avril 1836 que le conseil de Fabrique de Chanas, l’équivalent aujourd’hui du conseil paroissial, prenait une délibération qui constatait :

  • que l’église était dans un état de vétusté et de dégradation déplorable

  • qu’elle était trop petite pour la population de l’époque

  • que sa position ne permet pas de l’agrandir

  • que les abords sont difficiles et dangereux pour les vieillards, les femmes et les enfants surtout en hiver

       Elle se trouvait à l’emplacement actuel du jardin de la cure, adossée au coteau avec une orientation nord-sud. Lesvestiges des ogives du chœur sont encore visibles aujourd’hui.
       Le conseil émettait alors le vœu de la reconstruction de l’édifice. C’est seulement le 29 juin 1844 que Monsieur Hyppolite Brenier, Maire de Chanas, constatant que cette reconstruction était indispensable faisait voter par son conseil municipal la construction d’une nouvelle église. L’exécution du nouvel édifice est confiée à un entrepreneur de travaux publics de Vienne Louis Gayvallet, selon les plans de l’architecte lyonnais Abel Jouffray. Son orientation est est-ouest et elle est construite sur l’emplacement de l’ancien cimetière. La date d’achèvement, mai 1847, est rappelée sur le piédroit du portail d’entrée à droite, mais différents documents semblent indiquer que la construction s’est terminée vers les années 1849/1850.

Style de l’église
       Cette église s’inscrit dans le courant cher au 19ème siècle, qui est celui de l’éclectisme, inspiré de l’art classique en associant plusieurs styles avec un mélange de néo-classicisme et de néo-roman.
       La pierre de molasse soigneusement appareillée est le principal matériau de la façade. Les autres parties du bâtiment se distinguent de cette façade avec une combinaison de pierre de pays et de galets roulés disposés en arrêtes de poissons.

 Architecture de l’ensemble
       Elle est constituée d’une nef centrale, de deux nefs latérales, sans transept et prolongée d’un cœur en cul de four. Le plan en soi n’est pas original : longue et haute nef à cinq travées, voûtée en berceau, flanquée au nord et au sud de deux bas-côtés garnis d’un plafond plat à caissons, et à l’est, d’un chœur constitué d’une travée droite et d’un hémicycle. De grandes arcades, dont les arcs en plein cintre très élancés retombent sur de puissantes colonnes doriques en pierre, permettent la communication entre les trois espaces.
       On retrouve dans cette architecture le plan des basiliques judiciaires de la Rome antique avec une salle des pas perdus et le cœur où siège le tribunal. Ce plan a été adopté de suite dans l’art chrétien dès le 4ème ou 5ème siècle après Jésus-Christ.
       Par rapport à d’autres églises du 19ème, l’église Saint Laurent est plus typiquement rattachée au style empire napoléonien.
       Mais c’est dans l’ornementation intérieure puisée de toute pièce dans le registre néo-classique, que l’édifice prend ici sa véritable dimension. La majorité de ces décors peints non pas spécialement une connotation chrétienne (petites guirlandes, vases) mais typiquement identiques aux peintures trouvées à Pompéi ou Herculanum.
       Ces décors assez napoléoniens font en France la jonction entre la période avant la révolution et le début du 19ème siècle où l’on retrouve les décorations des monuments de la Rome antique. Ceci symbolise aussi dans le catholicisme du 19ème siècle la réconciliation. de l’Eglise et de l’Etat.

retour page accueil