Paroisse St Pierre en Pays Roussillonnais diocèse de GRENOBLE VIENNE (38)

COVID-19 – Historique des homélies et méditations après Pentecôte 2021

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Père Davy

Père Davy

SOLENNITE DE LA SAINTE TRINITE. ANNEE « B »

Deutéronome (4, 32-34. 39-40) ; Psaume 32 (33) ; Romains (8, 14-17) ; Matthieu (28, 16-20)

« Qui voit l'amour, voit la trinité ». La Sainte Trinité n'est pas une vérité à comprendre, c'est l'Amour à contempler, quelqu'un à adorer, le Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit. Célébrer la trinité c'est donc entrer dans un mystère d'alliance, de communion, de partage et d'amour. Ce n'est pas redire une doctrine ou se battre avec une énigme. C'est s'introduire dans une réalité qui donne sens à toute réalité. C'est baigner dans une source fondatrice de bénédiction au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Dieu est Amour. Comme Père, Il en est la source et l'origine (cf. 1ère lecture). Comme Fils, Il en est la révélation (manifestation) et l'actualité (la mise à jour) (cf. l'Evangile). Comme Saint-Esprit, Il en est le vécu et la grâce du possible donc l'agir (cf. 2ème lecture).

Dieu est Amour. Amour Créateur du Père à l'initiative rédemptrice. Amour Sauveur du Fils à valeur révélatrice. Amour Sanctificateur du Saint-Esprit à l'action performative. Amour dont le Père est la profondeur, le Fils la plénitude et le Saint-Esprit la richesse.

Dieu est Amour. La vie de chacun en est alors la trace, le signe et le passage. Un Amour qui traverse le cœur, nourrit l'esprit et apaise l'âme. Marqués de son sceau, nous portons alors les trésors de sa vertu et les bienfaits de son salut.

Vivre aujourd'hui la Trinité (Un seul Dieu en trois personnes : Père, Fils et Saint-Esprit), c'est réaliser à nouveau que nous sommes une habitation, c'est-à-dire des êtres habités au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Être chrétien au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, c'est avoir le bonheur de baigner dans l'amour de Dieu, de vivre dans l'effusion de sa grâce bienveillante. Comme signature de sa main puissante.

Être Homme au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, c'est pouvoir offrir au monde l'espérance de Dieu qui accompagne et qui ouvre des horizons d'avenir désiré.

Être toi, être moi au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, c'est savoir parler à Dieu, pour Dieu et de Dieu. 

Père Davy B. B.

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Père Basile

Père Basile

XIIe DIMANCHE T.O / B (Père Basile)

Dimanche dernier, à travers les deux paraboles portant sur le mystère du Royaume de Dieu, la liturgie de la Parole nous invitait à être confiants en Dieu et à nous abandonner entre les mains de la Providence, car même dans nos situations difficiles, Dieu est avec nous. Le douzième dimanche prolonge cet enseignement en nous invitant à garder la foi en Dieu dans les tempêtes de la vie.

C'est ce à quoi le Seigneur appelle Job dans la première lecture, en lui rappelant qu'Il a autorité sur la mer. D'où cette question oratoire qu'il pose à son serviteur : « Qui donc a retenu la mer avec des portes, quand elle jaillit du sein primordial […] ; quand je lui imposais mes limites, et que je disposai verrou et portes ? » C'est pour dire que Dieu seul fait des merveilles. « Les hommes n'ont pas d'autorité sur les éléments naturels. Ils sont dépendants des circonstances et n'ont pas la possibilité de les modifier ; ils ne peuvent que tenter de résister à la violence de leur environnement ». – L'exemple n'est pas loin : nous l'avons vu lorsque la pandémie sévissait, chaque fois qu'elle atteignait un pic. Malheureusement le danger est encore loin d'être écarté –. Par contre, Dieu, maître et créateur de la nature, a le pouvoir sur toute la création.

« Cet épisode est significatif pour nous aussi. Lorsque nous nous trouvons face à un danger, lorsque nous affrontons une tempête d'un genre quelconque, nous ne pensons pas que Jésus est présent, nous pensons qu'il ne peut ou ne veut pas intervenir. En fait, comme l'ont fait les disciples, nous devons nous tourner vers lui et lui demander avec confiance : ‘‘Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?'' Nous devons le dire avec foi ». Cette foi est nécessaire pour voir, au-delà des apparences du sommeil de Dieu, la présence du Seigneur qui fait des merveilles dans nos vies. « Si nous n'agissons pas dans la foi, notre situation est alors véritablement désespérée, car ce manque de foi ferme et empêche l'intervention du Seigneur ».

            Il y a beaucoup de tempêtes dans la vie. Dans ces tempêtes, il nous arrive souvent de crier à la manière de Pierre et de ses compagnons : « Maître, nous sommes perdus ! » Notre barque, l'Eglise, nous paraît souvent complètement submergée par des flots en furie et ballottée par des vents contraires. Alors, c'est l'espérance en Christ qui nous fera tenir. Un soupçon de foi qui nous fera savoir que la mort ne peut avoir le dernier mot… (cf. 2e lecture).

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N'avez-vous pas encore la foi ? » C'est à nous aujourd'hui que Jésus pose cette question adressée aux apôtres. Il « nous invite à aborder nos épreuves avec confiance. Dans nos tribulations, il serait peut-être temps de nous rappeler que Dieu est dans notre barque, même s'Il semble dormir ! […] Dieu est toujours là, au cœur de notre vie. Il ne se manifeste pas explicitement, mais Il se révèle souvent à nous de mille manières ». Ne soyons donc pas pessimistes. Pensons qu'Il est là, par l'intermédiaire des personnes qui nous épaulent ou dans les événements qui peuvent nous aider à retrouver notre chemin. Il nous suffit d'ouvrir notre cœur, de tendre nos oreilles, pour nous apercevoir qu'Il est juste là à côté de nous.

Tout en comptant sur nous-mêmes, sur nos propres forces, sur nos propres initiatives pour agir – car nous sommes habités par l'Esprit de Celui qui nous a promis d'être avec nous « jusqu'à la fin du monde » –, gardons la foi et ayons confiance en Dieu. Il nous bénira +.

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Curé des Paroisse St Pierre en Pays Roussillonnais et Notre Dame des sources en Sanne Dolon

13è dimanche du temps ordinaire, année B

La vie est au centre des lectures de ce jour, la vie terrestre temporelle, et la vie éternelle. Le passage du livre de la Sagesse en première lecture fait un rappel sur la création.

Dieu a créé le monde et tout ce qu'il renferme par amour, à chaque étape Dieu a vu que tout ce qu'il a créé est bon, du côté de la Vie et de l'Amour.

A l'origine la mort ne règne pas sur la terre. Le mal, le péché et leur conséquence la mort sont de l'ordre de l'incréé, ils sont le résultat de la désobéissance du malin et de la tentation qu'il a induite dans le monde.

L'homme a été créé par Dieu à son image, c'est à dire reflet de son Amour infini.

« Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. » Gn1, 27

La conséquence du péché déforme cette image et fait que la vie de l'homme sur terre devient limitée, la mort vient y mettre fin. Mais la mort sur terre n'est pas la fin de tout puisque Dieu rachète l'homme. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous ouvre les portes de la Vie éternelle. C'est là l'espérance de notre foi.

Dans le passage de l'évangile de Marc entendu aujourd'hui, où deux récits s'imbriquent, Jésus va redonner la plénitude de la vie à une femme et à une jeune fille et montrer ainsi qui il est, le Messie, le Fils de Dieu qui règne sur la création. C'est par la foi qu'elles seront guéries, la foi de la femme, la foi du père pour l'enfant.

Tout est possible à celui qui croit.

Pour participer à cette puissance de guérison, de résurrection, donnée par Jésus, il y a une seule condition, croire : « Ma fille, ta foi t'a sauvée » avoir foi en Jésus maître de la vie.

Quelle est la foi de ceux qui entourent Jésus dans les différents événements du récit ?

La foi commençante de la foule

Jésus arrive en terre païenne, sur l'autre rive, après avoir beaucoup enseigné et fait quelques guérisons et miracles pour attester qui il est, il a même dominé et calmé la mer déchaînée en tempête. La foule se presse pour le voir, l'écouter attendre peut-être un signe pour chacun. Il est clair que ces gens vivent une certaine foi, balbutiante et imparfaite, pour courir ainsi après lui.

Jésus est reconnu comme un prophète, un guérisseur, mais pas encore perçu comme le Messie. Il faudra encore du chemin pour convertir les cœurs.

La foi en chemin de la femme

Dans cette foule il y a une femme malade souffrant d’hémorragies, ce qui la rend « impure » et donc marginale. Le sang s'écoulant hors du corps est symbole d'impureté. Ainsi la femme est périodiquement impure, aux yeux des juifs. En effet le sang est principe de vie. Cette vie qui semble fuir cette femme depuis 12 ans. Elle est de ce fait exclue de la synagogue, de la société, elle ne peut approcher ou toucher quelqu'un sans le rendre impur. Et pourtant elle ose se frayer un chemin dans la foule compacte, discrètement, pour approcher Jésus et toucher par derrière la frange de son manteau. Elle a la certitude que ce geste sera salvifique pour elle, que Jésus pourra la guérir. Sa foi est encore teintée de superstition : « Si je le touche, je serai sauvée ». Jésus va la faire grandir dans sa confiance déjà là. Il va chercher qui elle est pour avoir avec elle la rencontre en vérité, en tête à tête qu'il a avec ceux qu'il rencontre. Il la conduit à travers cette rencontre en vérité à une foi plus vraie, plus éclairée qui est une reconnaissance de sa personne. « Ma fille, ta foi t'a sauvée, va en paix et sois guérie de ton mal. »

La foi accomplie de Jaïre

L'attitude de Jaïre est impressionnante. Ce chef de synagogue n'hésite pas à se mettre à genoux et à supplier instamment Jésus alors qu'il pratique la loi juive et lit la Torah. Il en oublie la dignité de la fonction qui est la sienne, et ce devant la foule qui le connaît, au travers de laquelle il s'est frayé un chemin et qui risque de le dénoncer aux grands prêtres.

Pour cette fille qu'il aime, bien sûr, mais avec quelle insistance auprès de Jésus. le père de la petite jeune-fille, ne demandait d’abord qu’une guérison physique. Mais au fond de lui il est persuadé que Jésus peut surtout sauver sa vie en lui apportant la vie éternelle.

Lorsqu’on apprend à Jaïre que son enfant est morte, il va continuer à croire, Jésus l’invite à aller encore plus loin, à franchir le pas de la foi en la résurrection. C’est jusqu’à cette foi pascale que veut nous conduire le vainqueur de tout mal. « Ne crains pas. Crois seulement », lui dit Jésus.

De l'extérieur, pressé par la foule nombreuse, Jésus va entrer à l'intérieur de la maison, dans l'intimité de la chambre avec seulement les parents de l'enfant et les trois apôtres qui seront ses témoins privilégiés, ici, à la transfiguration et au jardin des Oliviers Pierre, Jacques et Jean, futurs piliers de l'Eglise.

Jésus prend la main de la jeune fille et la relève, la ramène à la vie montrant ainsi qu'il domine la vie et la mort. Seul Dieu peut agir ainsi.

Et pour bien faire comprendre la réalité et le sens de cette résurrection Jésus demande que l'on donne à manger à l'enfant. Elle est bien vivante avec son corps, et en même temps ce repas préfigure le banquet des noces éternelles.

A la fin du texte Marc précise que la jeune fille avait douze ans, l'âge de l'entrée dans la vie adulte, l'âge à cette époque de la puberté et des premières règles. 12 ans de vie pour la fille. Douze ans c'est aussi le temps de la maladie de la femme, le temps où la vie s'échappe d'elle. Douze c'est aussi le nombre des tribus d'Israël, 12 représente la plénitude, celle de tout le peuple Hébreux et par la suite de l'humanité entière à travers les siècles.

Ainsi Jésus montre qu'il est venu pour sauver tous les hommes et leur donner la vie qui ne finit pas. A chacun de croire pour vivre.

Notre foi.

Quelle est notre propre foi ? Celle balbutiante et teintée de superstition de la foule ? Celle hésitante, en croissance, de la femme qui n'ose approcher Jésus en face à face ? Celle de Jaïre, plus affirmée malgré les épreuves ?

Nous aussi, nous avons reçu par le baptême la même grâce que cette jeune adolescente, nous le croyons. Nous sommes ainsi passés de la mort à la vie et notre éternité est déjà commencée. Celui qui est « passé de la mort à la vie » par le baptême est introduit par-là à la table de l’eucharistie, de l'intimité avec Jésus sauveur, dans l'attente du banquet éternel.

Entendons Jésus nous redire : « Debout ! Lève-toi ! Ressuscite ! »

Vivons notre baptême pour ne pas laisser s’endormir notre foi…

Père Jean-Hugues Malraison

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Thierry MERLE (Diacre)

14ème ordinaire B

L'évangile de ce dimanche vient faire écho, chers frères et sœurs, avec celui entendu dimanche dernier.

Dimanche dernier, dans une foule anonyme, le Christ est touché par une femme qui veut être guérie. Il ne sait pas qui est cette femme ; il ne la connaît pas, mais elle sera guérie, par ce qu'elle veut croire en lui. Aujourd'hui, le Christ est chez lui, chez les siens qu'il connaît bien, qu'il fréquente tous les jours ; mais là, il ne peut pas faire de miracles. Et il le dit.

Quelle est la portée de cette affirmation qui nous dit que l'on n'est pas prophète en son pays ? En nous mettant dans les pas du Christ, on voit vite où nous en sommes, nous autres pratiquants : nous cherchons la sécurité d'un troupeau égaré et étriqué, en manque de pasteurs, en manque de certitudes surtout. Mais cela ne fait pas beaucoup progresser la foi… Or la foi se déploie chez nos frères, au contact de ceux qui cherchent, de ceux qui attendent un signe. Ils sont au dehors comme la femme de dimanche dernier. Y allons-nous ?

Jésus donne à entendre qu'il se définit lui-même comme prophète. Même si nous savons bien qu'il est beaucoup plus que cela…

Par notre baptême nous sommes, chacun de nous, devenus prophètes (prêtres et rois). Ces trois dons de l'Esprit saint qui doivent être vivifiés, fécondés même par notre baptême : la force qui est de s'occuper du faible, la piété qui est la culture de notre transcendance cachée et qui nous ouvre la voie du prophète, et le respect de Dieu qui nous amène à la pratique, au prêtre.

Concernant le prophète, dont le Christ nous demande d'être, il se vit dans ces trois dimensions qui sont la dénonciation des injustices, l'encouragement de ceux qui sont fatigués et découragés, et l'annonce de la bonne nouvelle.

C'est sur ce triptyque que l'on reconnaît le chrétien, c'est sur ce triptyque que les premiers chrétiens ont pu christianiser un Empire romain dont les contours sociétaux ne manquaient pas d'analogie avec le monde d'aujourd'hui : une société ayant délaissé ses anciens repères, brutale face à la vie, intéressée par l'appât du gain, et très rétive vis-à-vis des autres, et en particulier de l'étranger qui pouvait profiter de son niveau de vie, et une jeunesse qui n'était plus éduquée que par la rue. C'est dans ce milieu là que s'est développé le christianisme. Pas dans les campagnes tranquilles…

Annoncer la bonne nouvelle c'est avoir un témoignage authentique et sûr. Il y a  de quoi faire aujourd'hui, pour dénoncer ce qui rabaisse tant d'hommes sur le chemin de la vie, où l'injustice et la précarité est partout. Il y a de quoi faire pour relever ceux qui peinent, par une parole, par un regard ou un coup de main. Il y a grand à faire, pour témoigner que la présence de Dieu dans notre vie, change notre regard sur les autres et sur le sens de la marche de ce monde.

Est-ce que quand je prends une décision même petite, je demande à Dieu d'y voir clair ? S'il y a tant de gens qui doutent, qui ne voient pas l'importance de Dieu ni de la foi, c'est peut-être parce que nous ne sommes pas assez prophètes pour ces temps troublés. Autrement dit, nous ne témoignons peut-être pas assez que Dieu agit dans notre quotidien. Et qu'il nous transforme au moins un petit peu. Personnellement, je trouve pourtant qu'il n'y a rien de plus concret que la foi !

Être prophète c'est oser accepter nos propres fragilités et entendre Dieu nous dire cette parole : ta fragilité, ta faiblesse, ne m'empêchent pas de t'aimer et de faire de toi mon disciple. C'est la lettre de St Paul entendue en 2ème lecture : « Ma grâce te suffit. » Être prophète ce n'est pas être le plus fort mais c'est reconnaître que « lorsque je suis faible c'est alors que je suis fort ». C'est là qu'agit le don de l'Esprit Saint qui se nomme force. C'est par là et pas par ailleurs qu'une société où il fait bon vivre pourra se déployer.

Ne nous dérobons pas à notre devoir de chrétiens !

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Père Davy

Père Davy

MEDITATION DU 15E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE. ANNEE « B »

Amos (7, 12-15). Psaume 84 (85). Ephésiens (1, 3-4). Marc (6, 7-13)

Dieu est Amour. Hier comme aujourd'hui et pour l'éternité, par Amour, Il nous appelle : « Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël. ». Par son Fils, Il renouvelle son appel : « Jésus appela les Douze… ». Dans l'Esprit Saint, Il nous fait la grâce de vivre aux horizons de son appel, mystère de son cœur de Père : « Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l'Esprit, au ciel dans le Christ. Il nous a choisis…prédestinés…nous dévoile le mystère de sa volonté…il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire… »

Devant ce grand Amour (si profond, si éternel et si riche) que Dieu déverse sur nous, comme un torrent, comment je me laisse toucher, saisir et séduire ? De quelle manière, je témoigne de l'actualité de l'appel de Dieu ? Dans quelle posture je me mets pour accueillir ce que Dieu me dit aujourd'hui ?  Suis-je assez humble de cœur et assez simple d'esprit pour écouter, (l'art par excellence d'aimer), ce que Dieu dit à notre monde ? « J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles… ». Accueillons, en ce jour, la paix de Dieu. Il nous veut en paix, nous tient en paix et nous donne la paix.

Dans la complexité des situations réelles et les conflits d'intérêts et de prestiges, comme le prophète Amos, écoute ! Que te dira le Seigneur Dieu ? Ce qu'il dit c'est faire rayonner la vérité qui trouve sa splendeur dans le pouvoir de l'amour et non l'amour du pouvoir.

Dans les circonstances de grande incertitude où le doute nous envahit et laisse place au découragement, comme l'apôtre Paul, écoute ! Que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu'il dit c'est bénir son Nom très Saint, source de salut.

Dans les temps actuels où vivre selon l'Evangile du Christ relèverait d'une folie, comme Jésus qui obéit à son Père, Notre Père, écoute ! Que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu'il dit c'est que tu laisses sa gloire t'habiter. Pour témoigner et accomplir les œuvres de miséricorde (proclamer, célébrer, servir, soulager, consoler, guérir, accompagner, etc…) Afin qu'en toi « Amour et vérité se rencontrent. Justice et paix s'embrassent. »

Père Davy B. B.

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Bernard BUISSON – Diacre

HOMELIE DU 16èME DIMANCHE ORDINAIRE B

Ces derniers dimanches, la liturgie nous entraîne à la suite des prophètes.

Le temps est venu de nous poser la question : 

QUI SONT CES PROPHETES QUI ONT MARQUE SI FORT LE PEUPLE JUIF ?

Au temps des rois, après David et Salomon, les douze tribus se divisent.

Au nord le Royaume d'Israël composé de 10 tribus dont le roi est Jéroboam.

Au sud le Royaume de Juda composé des tribus de Juda et de Benjamin ayant pour roi Roboam.

Dominés par l'Egypte et l'Assyrie, l'élite de leur population est déportée à Babylone au 8ème et  au 6ème  siècle avant Jésus-Christ. C'est la période de l'Exil si douloureuse pour les juifs.

C'est dans cette période trouble que va naître le prophétisme, ce mouvement qui va influencer jusqu’à la culture occidentale, par son humanisme.

Les prophètes ne sont pas des devins. Ce sont des hommes qui interprètent le présent, des hommes des temps de crise, lucides et justes, d' âpres défenseurs des droits de Dieu et des droits de la personne humaine.

Ils sont à la fois, le soutien des populations en exil et les pourfendeurs de la débauche des puissants en les exhortant à revenir à Dieu et à la Loi.

Les prophètes sont avant tout des « porte-parole » de Dieu. Ils préfigurent ce qu'est l'humanité de Dieu que Jésus manifestera concrètement.

Je vous dis cela aujourd'hui  parce que je trouve une certaine similitude entre la période des prophètes  et celle que nous vivons actuellement, toute proportion gardée, bien sur.

Certes, actuellement, les lois sociales protègent du dénuement, les progrès de la médecine  font que guérissent des maladies réputées incurables, les lois civiques  garantissent une justice pour tous, les gouvernants sont contraints  par des mesures qui  limitent les excès de pouvoir ;

Mais le mal est ailleurs.

L'argent est la valeur suprême, tout s'achète, toutes les opinions se valent, la sur-médiatisation crée  une désinformation invalidante, les réseaux sociaux  diffusent instantanément, sans contrôle des  contre-vérités,  des insultes voire des calomnies, etc.

Et il ya pire encore. La dissolution des meurs, le mépris de la dignité de l'homme, la négligence de la nature,  le rejet de Dieu, ouvrent sur une perspective de vie encore plus dramatique qu'il y a trois mille ans.

Heureusement, et vous l'aurez remarqué, tous les prophètes, après avoir dénoncé les abus, prononcé des oracles  contre les puissants, achèvent leur message  sur une note d'espérance.

Amos annonce le redressement et la prospérité d'Israël; Osée, l'amour sans limite de Dieu

Isaïe,  la venue du sauveur, le Messie de Dieu. Ezékiel  promet le retour des déportés.

Jérémie,  prophétise : «  Je susciterai pour David un germe juste. Il règnera en vrai roi. Il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice. Juda sera sauvé. Israël habitera en sécurité  On l'appellera : Le Seigneur est notre justice.

Où sont les prophètes aujourd'hui, qui  nous éviteront le cahot et annonceront  le salut espéré ?

Ils sont là, et pas seulement dans la chrétienté. Ils sont là, partout dans le monde, croyants et non-croyants, au nom de l'humanité, de l'amour avec ou sans transcendance.

Ils sont là ,  mais leur parole se fracasse contre l'hédonisme,  l'activisme, le souci de l'image, le confort, le « moi possessif ». Leur parole n'est pas entendue parce que Dieu a été bouté hors de nos vie , parce que prévaut l'idée que la créature peut se passer du Créateur.

Alors ? Alors, il nous reste notre foi, et notre espérance.

Il nous reste notre prophète, et plus qu'un prophète : Dieu lui-même  en Jésus-Christ, le sauveur.

Saint Marc nous dit dans l'Evangile de ce jour : « Jésus se prit de compassion pour une foule  qui arrivait de toutes parts  et partait sans même prendre le temps de manger,  car ils étaient comme des brebis sans berger. »

Le voilà, le berger qui prend soin de l'humanité toute entière ;  le seul, parce qu'il est Dieu,  à pouvoir rassembler, guider, sauver. !

Saint Marc nous dit encore : «  alors il se mit à les enseigner longuement ».

La parole de Dieu, voilà ce qui manque à notre monde saturé,  d'informations orientées, haineuses, d'images violentes  ou mercantiles.

Pourtant elle est bien là cette Parole de vie, à notre portée, disponible, brûlante et vraie.

Comment peut-on s'en passer  après l'avoir goutée ?

Comment peut-on  se passer des Evangiles, des Béatitudes, du Notre Père, du Bénédictus, des lettres de Saint Paul,  de la lettre aux Romains, et aujourd'hui même de ce qu'il nous dit dans la deuxième lecture : « Dieu nous a prédestinés à être pour lui, des fils adoptifs  par Jésus-Christ; Par le Christ nous avons, les uns et les autres, accès au Père, dans un seul esprit. » (Ephésiens 2)

Mais, pour la goûter cette Parole, il faut   l'entendre. Et pour l'entendre il faut qu'elle ait été dite.

C'est là que commence notre mission de prophète. Puisque par le baptême  nous sommes « prêtre, prophète et roi »

« Si l'Eglise ne donne pas la Parole de Dieu, qui la donnera ? » dit le Père Bruckberger

Nous sommes l'Eglise !

Alors donnons cette Parole du Dieu Amour.

Donnons le témoignage de la tendresse de Dieu.

C'est le moyen, modeste certes, mais efficace, de faire grandir le Royaume de Dieu.

B.Buisson, diacre

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Curé des Paroisse St Pierre en Pays Roussillonnais et Notre Dame des sources en Sanne Dolon

Homélie 17è Di TO B

Élisée est le successeur du prophète Élie, il est son fils spirituel, il a des pouvoirs semblables à ceux du grand prophète.

Comme les prophètes il annonce la Parole de Dieu il est l'intermédiaire entre Dieu et le peuple. Pour attester de cette mission qui lui est confiée il lui est donné de pouvoir faire quelques signes et miracles au nom du Seigneur.

Ainsi sitôt après avoir été désigné et oint par Élie pour lui succéder, il ouvrit les eaux du Jourdain en frappant le sol avec son manteau et traversa à pied sec (2 R 2,14) comme Élie lui-même venait de le faire devant lui (2 R 2,8). Ce qui n'est pas sans rappeler la traversée de la mer Rouge avec Moïse pour libérer le peuple Hébreux de l'esclavage en Égypte.

Élisée accomplit aussi de nombreuses guérisons dont celle du général Syrien Naaman qui était lépreux. (2 R 5)

Dans le récit entendu en 1ère lecture, Élisée va pouvoir nourrir une foule en multipliant la nourriture.

Élisée agit dans un contexte de pauvreté et de famine, tel que le royaume d'Israël en a connu plusieurs fois. Grâce à quelques pains prélevés sur la maigre récolte apportés par un homme, Élisée va pouvoir nourrir une centaine de personnes.

Élisée a eu confiance en la Parole de Dieu qu'il avait entendue dans sa prière :  « car ainsi parle le SEIGNEUR : On mangera, et il en restera. »

Il sait que le Seigneur n'abandonne jamais son peuple.

Sans doute avait-il aussi en mémoire le psaume 144 que nous avons entendu :

« Le SEIGNEUR est proche de ceux qui l'invoquent, de tous ceux qui l'invoquent en vérité ».

Il accomplit ainsi pleinement sa mission de prophète en nourrissant le peuple par la Parole de Dieu qu'il transmet et par le pain multiplié par le Seigneur. Par ce geste il préfigure et annonce celui que le Christ viendra transcender.

Ainsi les Hébreux peuvent se laisser guider par ce prophète et croire en l'Amour inépuisable de ce Dieu qui vient toujours au secours de son peuple et marche avec lui.

Quelques siècles plus tard Jésus se trouve dans une situation similaire. Lui qui est Dieu, le Fils du Père, le messie attendu par Israël, est venu par sa Parole et par ses actes, annoncer le Royaume de Dieu. Il a longuement enseigné et nourrit la foule tout au long de la journée par sa Parole, lui qui est le Verbe de Dieu.

Pour attester de son identité et se faire reconnaître du peuple, et en particulier des apôtres, il aura besoin lui aussi de signes, guérisons et miracles.

Ainsi le miracle de la multiplication des pains, de la foule nourrie en abondance, que l'on retrouve dans chacun des évangiles, et même deux fois chez St Jean. C'est dire son importance et sa signification, Jésus vient nourrir en abondance les foules de la nourriture essentielle à la vie, sa Parole et le pain, ce pain qu'il prendra le Jeudi Saint pour le consacrer en son corps, nourriture pour notre âme.

Jésus se donne totalement à nous par sa Parole de Vie et par son corps, pain de la Vie éternelle.

Dans ces deux récits de la multiplication des pains entendus aujourd'hui, nous retrouvons quatre éléments, présents dans tout miracles et guérisons :

 – un besoin, une demande, souvent exprimés par le peuple : la guérison face à la maladie, le handicap, la mort, ou encore ici la faim

 – un geste libre : ici, quelqu'un a pris du pain sur sa récolte, en temps de famine, justement ; là les apôtres remarquent un enfant qui a quelques pains et deux poissons, sans doute sa propre nourriture pour la journée, ailleurs un aveugle qui crie sa détresse, un paralytique amené par ses proches…

– le recours à celui qui est considéré comme l'envoyé de Dieu :

ici Elisée, les pains lui sont offerts, parce qu'il est reconnu comme l'homme de Dieu,

là Jésus, celui à qui l'on s'adresse pour guérir, pour être sauvé d'une situation périlleuse, pour ramener à la vie…

 – la foi dans l'intervention du Seigneur : contre l'avis de son serviteur, Elisée maintient sa décision. La sollicitude de Dieu lui a donné raison, Elisée a foi en l'amour et la puissance de Dieu.

Jésus sait que son Père est toujours avec Lui, et qu'il lui accorde toujours la force d'accomplir sa volonté. « Moi je suis dans le Père et le Père est en moi. »

Nous qui sommes prophètes par le baptême, conformés au Christ prêtre, prophète et roi, avons-nous foi dans le Seigneur ? Croyons-nous que Dieu réponde toujours à notre prière, à celle que nous allons lui adresser dans quelques minutes ?

Croyons-nous-en la force de cette prière quel que soit notre situation et particulièrement face à cette épidémie ?

Oui, Dieu dans son Amour infini et miséricordieux entend chacun de nous, il vient à tout instant nous éclairer, nous guider, nous sauver. Sachons le reconnaître avec foi et marcher avec lui.

Il nous donne sa Parole que nous venons d'entendre, pour nous guider dans le quotidien de notre vie dans l'amour de Dieu et de nos frères ; il nous donne son corps, force et nourriture pour la Vie éternelle.

Sachons les demander dans la prière.

 Oui, « Le Seigneur est proche de ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent en vérité ».Ps 144. 

Père Jean-Hugues Malraison

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Père Davy

Père Davy

MÉDITATION DU 01 AOÛT 2021. 18E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE « B »

Exode 16, 2-15 ; Psaume 77 ; Ephésiens 4, 17-24 ; Jean 6, 24-35

« Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? ». A toi qui comme la foule cherche, désir et te demande au fort de ton actualité, que faut-il faire pour traduire la volonté du Seigneur dans ma vie ?  Croire en celui qu'il a envoyé, le pain de la vie, le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte.

Avec Jésus, nous sommes embarqués pour une aventure spirituelle qui n'ignore et ne fait abstraction de la réalité profonde du vécu. Pour toi et pour ton salut, il t'appelle à articuler la foi dans le quotidien. Dans le sens de faire entendre et voir Dieu au travers de tes engagements, de tes passions, de tes centres d'attentions et de tes occupations ordinaires. Dieu est Dieu quand il prend le visage de nos labeurs et besoins, le rythme de nos quêtes et exploits, la gestion de nos ambitions et aspirations, la gouvernance de nos rêves et espoirs.

Rendre audible et visible Dieu au cœur de nos vies et le faire exister en nous.   En se laissant « renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée », c'est-à-dire être guidé intérieurement par un esprit renouvelé en adoptant le comportement « de l'homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la sainteté et la justice conformes à la vérité ». Une véritable mise à jour de l'Evangile au quotidien. Le signe même de l'éternité qui entre dans le temps.

« Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? ». A toi qui aujourd'hui ne cesse de t'interroger sur comment rayonner la gloire de Dieu dans la plus simple expression de ton humanité, Jésus te répond : viens vers moi et crois en moi. Laisse ton âme vibrer aux accents du salut que Dieu te révèle par sa Parole faite chair dans l'Esprit Saint. Ne fais pas « comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée ». Mais plutôt accorde-toi à la vérité qui est en Jésus.

Toi mon frère, toi ma sœur, le Seigneur pour tes faims et tes soifs, renouvelle la grâce accomplie au désert : « Mann hou ? » (Ce qui veut dire : Qu'est-ce que c'est ?) « C'est le pain que le Seigneur vous donne à manger. » Il te donne, chaque jour, la grâce de son soutien toujours offert et de son accompagnement toujours fidèle. Sans fin, il commande aux nuées là-haut, il ouvre les écluses du ciel : pour te nourrir et te combler. Tel un berger, il te conduit. Il te fait entrer dans son domaine sacré. C'est-à-dire te place sous sa sainte et divine protection. Du ciel, il met sa main sur toi pour vivre en paix et en santé. 

                                                                         Père Davy B. B.

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Thierry MERLE (Diacre)

19ème dimanche du temps ordinaire B

« Je suis le pain vivant descendu du ciel »

Frères et sœurs, ces quelques mots disent tout de notre foi, de la réalité de Dieu, de la réalité du Christ, et de notre vie de chrétiens. Permettez-moi de faire une analyse littérale de cette phrase : « Je suis le pain vivant descendu du ciel »

« Je suis ». Ce je suis, c'est Celui qui est de toute éternité, hors du temps. Il était hier, il est aujourd'hui, il sera demain, pour les siècles des siècles. Parfois quand on tente d'expliquer la création, on nous objecte, mais Dieu, qui l'a créé ? C'est une question qui n'a pas de sens, car l'acte créatif implique une notion de temporalité. Or Dieu n'est pas dans le temps, qui n'est qu'une donnée de sa création.

« Le pain vivant » Le centre de la phrase. Que pouvait faire Dieu pour les hommes, sinon de lui donner la nourriture. Mais le pain vivant n'est pas que le pain. Toute la création -ou la nature si certains préfèrent- se développe harmonieusement en se régulant sur la quantité disponible de nourriture. C'est valable depuis que la vie est sur terre. Mais nous, nous avons besoin d'une autre nourriture. Cette autre nourriture qui est celle des questions fondamentales que se pose tout homme, croyant ou athée : pourquoi suis-je ici ? Quelle est ma mission ? Que va-t-il rester de moi ? Qu'est-ce qu'il y a après la mort ?… Pour nous les hommes, dernière espèce arrivée sur cette terre, cet ensemble de questions se pose parce que nous avons en nous une force qui nous la pose… et parce qu'il y a en parallèle, une réponse qui nous est donnée. Et c'est le Christ qui vient nous donner ce pain vivant qui nourrit nos questions, et qui nous donnera l'eau vive pour étancher notre soif de savoir.

« Descendu du ciel » Ce ciel qui n'est pas un lieu identifié, mais qui est le monde de Dieu. « Dieu personne ne l'a vu » nous dit le Christ dans l'évangile, « Sauf celui qui vient de Lui ». Il est venu pour nous les hommes, et pour notre salut, comme nous allons le dire dans le Credo.

« Je suis le pain vivant descendu du ciel » doit nous permettre de mettre Dieu dans nos vies réelles, celles de nos questions fondamentales, et pas celles de nos seules questions d'ici bas. Sinon, on nous répondra, comme le physicien Laplace a répondu à Napoléon qui ne voyait pas Dieu dans sa théorie analytique des probabilités : « Mais Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse »…

Dieu vient assouvir nos vrais soifs et nos vrais faims, quand enfin, nous ne faisons pas semblant dans nos vies, et quand nous n'esquivons pas les vraies questions. Il vient nous donner courage quand nous sommes épuisés, comme à Elie dans la première lecture, et Dieu sait si aujourd'hui, dans ce XXIème angoissant, nous le sommes. Il vient nous dire comme dans le psaume, d'entendre le pauvre qui crie. Il vient lui-même, dans un morceau de pain, tout simple, celui que nous allons prendre tout à l'heure, en simples mendiants de la Vie Eternelle.

Merveilleux Seigneur est ton évangile, qui nous dit tout, qui nous donne tout, et qui nous comble de tout !

Thierry Merle Diacre 08 08 2021

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19ème dimanche du temps ordinaire B

« Je suis le pain vivant descendu du ciel »

Frères et sœurs, ces quelques mots disent tout de notre foi, de la réalité de Dieu, de la réalité du Christ, et de notre vie de chrétiens. Permettez-moi de faire une analyse littérale de cette phrase : « Je suis le pain vivant descendu du ciel »

« Je suis ». Ce je suis, c'est Celui qui est de toute éternité, hors du temps. Il était hier, il est aujourd'hui, il sera demain, pour les siècles des siècles. Parfois quand on tente d'expliquer la création, on nous objecte, mais Dieu, qui l'a créé ? C'est une question qui n'a pas de sens, car l'acte créatif implique une notion de temporalité. Or Dieu n'est pas dans le temps, qui n'est qu'une donnée de sa création.

« Le pain vivant » Le centre de la phrase. Que pouvait faire Dieu pour les hommes, sinon de lui donner la nourriture. Mais le pain vivant n'est pas que le pain. Toute la création -ou la nature si certains préfèrent- se développe harmonieusement en se régulant sur la quantité disponible de nourriture. C'est valable depuis que la vie est sur terre. Mais nous, nous avons besoin d'une autre nourriture. Cette autre nourriture qui est celle des questions fondamentales que se pose tout homme, croyant ou athée : pourquoi suis-je ici ? Quelle est ma mission ? Que va-t-il rester de moi ? Qu'est-ce qu'il y a après la mort ?… Pour nous les hommes, dernière espèce arrivée sur cette terre, cet ensemble de questions se pose parce que nous avons en nous une force qui nous la pose… et parce qu'il y a en parallèle, une réponse qui nous est donnée. Et c'est le Christ qui vient nous donner ce pain vivant qui nourrit nos questions, et qui nous donnera l'eau vive pour étancher notre soif de savoir.

« Descendu du ciel » Ce ciel qui n'est pas un lieu identifié, mais qui est le monde de Dieu. « Dieu personne ne l'a vu » nous dit le Christ dans l'évangile, « Sauf celui qui vient de Lui ». Il est venu pour nous les hommes, et pour notre salut, comme nous allons le dire dans le Credo.

« Je suis le pain vivant descendu du ciel » doit nous permettre de mettre Dieu dans nos vies réelles, celles de nos questions fondamentales, et pas celles de nos seules questions d'ici bas. Sinon, on nous répondra, comme le physicien Laplace a répondu à Napoléon qui ne voyait pas Dieu dans sa théorie analytique des probabilités : « Mais Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse »…

Dieu vient assouvir nos vrais soifs et nos vrais faims, quand enfin, nous ne faisons pas semblant dans nos vies, et quand nous n'esquivons pas les vraies questions. Il vient nous donner courage quand nous sommes épuisés, comme à Elie dans la première lecture, et Dieu sait si aujourd'hui, dans ce XXIème angoissant, nous le sommes. Il vient nous dire comme dans le psaume, d'entendre le pauvre qui crie. Il vient lui-même, dans un morceau de pain, tout simple, celui que nous allons prendre tout à l'heure, en simples mendiants de la Vie Eternelle.

Merveilleux Seigneur est ton évangile, qui nous dit tout, qui nous donne tout, et qui nous comble de tout !

Thierry Merle Diacre 08 08 2021

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Père Davy

Père Davy

MEDITATION DU 21E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE « B »

Josué (24, 1-2a. 15-17. 18b) ; Psaume 33 (34) ; Ephésiens (5, 21-32) ; Jean (6, 60-69)

La Parole de Dieu, aujourd'hui, nous éclaire sur l'enjeu spirituel et évangélique de la foi. Une expérience humaine confrontée au réel quotidien et appelée à s'ouvrir à la transcendance qui bien place en situation permanente de choix.

Quand la foi nous engage : « …choisissez aujourd'hui… » Le « oui » de notre engagement, chaque fois qu'il est prononcé (comme celui de la grande assemblée d'Israël à Sichem) décide de notre destin aux jours heureux tout comme aux heures tragiques de la vie. Coire ici c'est refuser de s'enfermer dans l'éphémère pour mettre le cap sur l'éternel. Servir le Seigneur comme l'Unique Dieu, combien c'est libérateur. Car Lui seul peut apporter à notre cœur la paix, à notre âme la vie, à notre esprit l'élan.

Quand la foi nous élève : « Ce mystère est grand… » La référence au Christ imprime à notre agir le sceau de la grâce. Comme expression vivante voire l'actualisation concrète du Christ en nous : amour incarné donc obéissant, amour livré donc glorifié. Croire ici c'est dépasser les horizons de la chair pour s'ouvrir aux espaces infinis de l'esprit. Et combien nos passions tout comme nos ambitions nous détournent parfois des vues de l'Esprit qui fortifie et vivifie.

Quand la foi nous porte : « Seigneur à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » La foi de Pierre, au nom de tous ceux qui restent fidèles au Christ, est un choix exclusif (lui seul rien que lui), radical (sérieux), gratuit (sans intérêt), définitif (une fois pour toute). Croire ici c'est sortir de soi-même pour entrer dans la pensée de Dieu. Oui l'Evangile est une parole rude, dure et difficile à entendre. Et combien dans la foi, nous avons à l'accueillir sans chercher à la polir afin de la rendre douce et facile. C'est l'édulcorer et la vider de son mystère.

Voulez-vous partir, vous aussi ? Face à la parole dure et rude de l'Evangile que tu trouves contre nature, contre l'humain et contre l'évolution, Que réponds-tu au Seigneur ?

Voulez-vous partir, vous aussi ? Face à l'Eglise qui n'est pas à la taille et à la mesure de tes convenances, Que fais-tu ?

Voulez-vous partir, vous aussi ? Face au silence de Dieu sur les évènements et le cours de l'histoire, Que décides-tu ?

Père Davy B. B.

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Thierry MERLE (Diacre)

Homélie du 23ème dimanche TO

Frères et sœurs, encore une fois dans les lectures proposées, le Christ nous mets à l'épreuve de notre foi, en traçant notre route vers son horizon.

Premier enseignement de la lettre de St Jacques : Dieu choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde, pour en faire des riches dans la foi ; et Jacques nous mets tout de suite en garde sur la justesse des critères : qu'est-ce qui compte le plus dans nos vies ? Etre en conflit permanent avec les siens dans une maison grand standing, ou être dans la chaleur d'un foyer aimant dans un deux pièces-cuisine ? Ne laissons pas filer l'essentiel : le prix du bonheur ne peut se trouver que dans la beauté et la vérité de la relation.

Le deuxième enseignement du jour va plus loin avec le Christ dans l'évangile. Et là, le Christ guérit les infirmités de ceux qui le lui demandent, faisant entendre les sourds et parler les muets. Voilà des miracles qui ont impressionné les contemporains du fils de Dieu, au point que non seulement, les évangiles en parlent abondamment, mais le Christ, pour ne pas troubler l'ordre public, demande expressément à ceux qu'ils rencontrent qu'ils ne disent rien de ce qu'ils ont vu.

Oui, nous voudrions bien être aux côtés du Christ pour vivre de telles belles choses, mais sommes-nous sûrs que nous ne pouvons être qu'auditeurs distraits devant les miracles du Christ ? Si nous relions ce passage d'évangile à la lettre de Jacques entendue auparavant, il est évident que le Christ nous montre par des actes concrets ce que nous pouvons faire aujourd'hui auprès de ceux qui sont autour de nous. Le Christ fait parler les muets, il fait entendre les sourds, et plus loin, il redonnera la vie, à la fille qui venait de mourir.

Frères et sœurs, tout cela nous pouvons le faire : oui ; nous pouvons écouter ceux qui sont muets de ne pouvoir parler ou se confier à quelqu'un ; oui, nous pouvons rendre la vue et éclairer la route de ceux pour qui l'horizon de la vie les empêche de voir le lendemain ; oui, nous pouvons ressusciter l'espoir d'un proche qui pense avoir tout perdu parce que le sol s'est dérobé sous ses pieds. Oui, tout cela est à notre portée, et il suffit de se décentrer un peu pour donner à notre société en manque de repères, la direction du chemin qui mène vers la fraternité montrée pour l'homme par le Christ.

Les miracles du Christ sont toujours faits pour nous entrainer à sa suite, vers l'accomplissement humain, profondément humain même. En tous cas, ce n'est jamais pour épater. Si c'était cela, pour se faire reconnaître après la résurrection, il aurait fait naître des montagnes, ou déplacer la mer… non ; qu'à t-il fait ? Il a partagé un morceau de pain ; lui, le fils de Dieu ; voilà sa puissance ; voilà comment, avec un morceau de pain partagé, le christianisme a pu se répandre sur la terre…

Combattons le mal, donnons un peu de lumière à nos contemporains, et gardons Dieu à l'horizon de notre existence ; nos pieds seront plus sûrs pour passer les aspérités de la vie qui ne manquent pas sur chacune de nos routes. Le Christ est là pour vous y aider.

Frères et sœurs, tenez vous debout, même si vous boitez !

Thierry Merle, diacre 05 09 2021

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Père Basile

Père Basile

HOMELIE DU XXIVe DIMANCHE T.O / B 

La liturgie de ce 24e dimanche nous propose des lectures qui nous invitent à prendre notre place de disciples, à professer notre foi au Christ et à la laisser orienter notre vie. Ce qui tombe bien en cette période des rentrées, où il convient de nous préparer à mettre davantage en œuvre la foi qui nous anime.

Selon l'Evangile, témoin de la bonté extraordinaire de Jésus et de sa puissance qui n'a cessé d'impressionner ses contemporains, la foule s'interroge sur son identité véritable : pour certains, il est Jean-Baptiste ressuscité ; pour d'autres, Elie ; pour d'autres, un des prophètes.

En s'adressant aux disciples, Jésus voudrait avoir la réponse de ceux qu'il a envoyés en mission. Il attend qu'ils se prononcent avant de les engager dans une deuxième étape plus dure : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » La réponse de Pierre à cette question de confiance que pose Jésus ne se fait pas attendre : « Tu es le Christ ». Par cette réponse, Pierre confesse, sous la conduite de l'Esprit Saint, que Jésus est le Messie, le roi sorti de la maison de David, le roi annoncé et qui doit être le véritable Fils de Dieu. Et nous baptisés, chrétiens d'aujourd'hui, qui est Jésus pour nous ? Que connaissons-nous vraiment de lui ? Quelle place lui accordons-nous dans notre vie personnelle ? Certes, à l'exemple et à la suite des Apôtres, nous confessons déjà qu'il est le Christ. Mais, comme Pierre, sommes-nous bien conscients de la portée d'une telle affirmation ? N'oublions pas qu'une foi éclairée et exprimée sincèrement est fondamentale. « Elle engage notre vie chrétienne et détermine notre attitude envers Dieu. Cette foi met Jésus au centre de notre vie. Elle nous transformera en profondeur ». D'où la nécessité de nous instruire sans cesse sur Celui en qui nous croyons, pour saisir davantage la teneur de ses enseignements, consolider notre foi et pouvoir vivre dans son intimité, au-delà de tout conformisme, sans reculer devant les épreuves et les difficultés de toutes sortes.      

C'est à cette attitude que Jésus invite les disciples dans la suite de l'Evangile. Il était bien conscient d'être le Messie, c'est-à-dire le Libérateur désigné et envoyé par Dieu, mais il refusait de donner à ce terme une connotation politique, voire militaire. Pour accomplir sa mission, il devait beaucoup souffrir, être accusé, maltraité et mis à mort, contrairement aux pensées triomphalistes de Pierre et des autres. Pour Jésus – et pour nous ses disciples –, le chemin reste celui du serviteur, de ce Serviteur souffrant qu'annonçait déjà Isaïe en son temps.

Nous voulons suivre le Christ, être ses disciples ? Eh bien, nous devons nous préparer à passer par le même chemin que lui. Nous devons renoncer à nous-mêmes, prendre nos croix et marcher à sa suite. En demandant à chacun de porter sa croix, Jésus ne veut pas nous imposer le chemin de l'affliction ; il ne veut pas nous inciter à aimer la souffrance pour elle-même. L'objectif qu'il vise, c'est tout simplement de nous préparer à affronter les épreuves liées à notre vie de disciples. Il veut nous faire comprendre que le suivre, c'est s'engager dans la voie de l'amour, sans se laisser abattre par les épreuves rencontrées en chemin. Rester fidèle à sa foi malgré tout, car « je marcherai […] sur la terre des vivants », c'est parfois savoir renoncer à ses désirs ; c'est savoir aller au-delà de ses intérêts égoïstes pour favoriser le royaume de l'amour. Amour agissant, qui « rend service », qui « espère tout », qui « endure tout » (1 Co 13), dans l'espérance d'obtenir, le moment venu, la vraie joie, le bonheur éternel. Tel sera notre boussole tout au long de cette année, pour le bien de tous et de chacun, et pour la gloire de Dieu.

Père Basile 12 09 2021