Paroisse St Pierre en Pays Roussillonnais diocèse de GRENOBLE VIENNE (38)

COVID-19 – Historique des homélies et méditations du Temps Pascal 2021

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2ème Dimanche de Pâques, Dimanche de la miséricorde

Le dimanche après Pâques est pour l'Église le Dimanche de la Divine Miséricorde fête instituée par St Jean Paul II lors de la canonisation de Ste Sœur Faustine Kowalska en 2000.

Le Christ qui est apparu à Sœur Faustine lui avait dit :

« La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu'elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques ».

Lors de cette apparition le Christ a demandé à Soeur Faustine de faire connaître au monde la profondeur de la Miséricorde divine, et ce à travers quatre dévotions qu’il lui recommande d’annoncer.

1 – Réciter le chapelet de la Divine Miséricorde.

2 – Honorer l’image de Jésus Miséricordieux,

      Jésus lui est apparu, portant un vêtement blanc,  la main droite levée en signe de bénédiction l’autre touchant sa poitrine. Dessous ses vêtements sortent deux grands rayons, rouge et blanc sortent de son côté, comme l'eau et le sang lors de sa mort sur la croix. Faustine fait peindre une représentation de cette vision. Jésus promet à Faustine de défendre l’âme qui aura honoré cette image.

3 – Célébrer le Dimanche de la divine Miséricorde : « Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la Fête de la Miséricorde. / Qui s’approchera, ce jour là, de la source de vie, (l'eucharistie) obtiendra la rémission de ses fautes et de leurs châtiments. »

4 – Vénérer l’heure de la miséricorde : « A trois heures (de l'après midi), implore Ma Miséricorde, tout particulièrement pour les pécheurs. Et ne fût-ce que pour un bref instant, plonge-toi dans Ma Passion, en particulier au moment où j’ai été abandonné lors de Mon agonie !

C’est là une heure de grande Miséricorde pour le monde entier. Je te laisserai partager ma mortelle tristesse ; en cette heure, Je ne saurais rien refuser à l’âme qui prie par Ma Passion ».

Quelle est donc cette miséricorde ?

« La miséricorde, c'est le chemin qui unit Dieu et l'homme, pour qu'il ouvre son cœur à l'espérance  d'être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. »

« La miséricorde de Dieu n'est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour comme celui d'un père et d'une mère qui se laissent émouvoir au plus profond d'eux mêmes par leur fils. Il est juste de parler d'un amour « viscéral ». Il vient du cœur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d'indulgence et de pardon. » dit le Pape François.

Miséricorde vient du latin « miser, misera, miserum » qui signifie pauvre, misérable et de « cor, cordis, » le cœur.

Miséricorde signifie donc cœur de pauvre, ou encore cœur tourné vers les pauvres.

Saint Thomas d'Aquin dit « miséricorde signifie un cœur rendu misérable par la misère d'autrui. » La miséricorde consiste donc à avoir le cœur qui bat pour les pauvres. C'est la compassion pour toutes formes de souffrances ; le pardon généreux envers qui se reprend; la patience bienveillante devant la lenteur de la conversion. C'est le cœur qui s'ouvre devant la misère du prochain.

Autrement dit, la Miséricorde c'est l'Amour infini de Dieu.

La miséricorde, c'est l'acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre, qui s'exprime pleinement dans la rémission des péchés.

La miséricorde, c'est aussi ce qui habite le cœur de chacun lorsqu'il jette un regard sincère sur le frère qu'il rencontre sur le chemin de la vie. « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. »  Luc 6, 36

Ce cœur est une attitude de toute la personne, un engagement de la volonté, il pousse à vouloir faire cesser la misère du prochain comme on le ferait pour la sienne. 

La miséricorde de Dieu s'exprime de façon trinitaire dans son Amour infini :

 – Dieu le Père nous a donné la vie par Amour, il a tout créé par la force de cet Amour.

 – Dieu a envoyé son Fils par Amour pour sauver l'humanité de la mort et du péché par la manifestation suprême de cet amour, la mort et la résurrection du Christ.

– Dieu envoie son Esprit par Amour pour nous réconcilier avec Lui par le pardon des péchés.

C'est ce que nous retrouvons dans la Parole de l'absolution sacramentelle :

« Que Dieu vous donne sa miséricorde. Par la mort et la résurrection de son Fils il a réconcilié le monde avec Lui et il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés. Par le ministère de l'Eglise qu'il vous donne le pardon et la paix. »

« Recevez l’Esprit Saint. Tous ceux à qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; Tous ceux à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » nous dit Jésus dans l'évangile de Jean entendu aujourd'hui. Jean 20, 21-23

La miséricorde va bien au-delà de la réconciliation.

Si la miséricorde conduit de manière privilégiée au sacrement de la réconciliation, elle ne se réduit pas seulement au pardon, elle est le lieu où l'on peut faire avec certitude l'expérience de cette action amoureuse de Dieu qui vient guérir le cœur de l'homme blessé par le mal qu'il est capable de commettre.

Laissons nous donc toucher par l'infinie miséricorde de Dieu, par cette manifestation de son Amour et revenons à Lui pleins de joie avec un cœur contrit et converti.

Père Jean-Hugues Malraison          11 04 2021

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Père Basile

Père Basile

IIIe DIMANCHE DE PAQUES / ANNEE B

Comme les disciples d'Emmaüs, cheminer avec le Christ, l'accueillir dans notre vie et devenir ses témoins. Telle me semble l'idée susceptible de guider notre méditation de ce troisième dimanche de Pâques.

Quand on parle de Jésus, il advient. C'est déjà ce qu'il fit au seuil du chemin d'Emmaüs. Peinés et découragés par la terrible épreuve de la Passion et de la mort de Jésus, ces disciples quittent Jérusalem pour retourner dans leur village natal. Chemin faisant, ils échangent leurs points de vue comme pour s'épauler l'un l'autre dans leur déroute. Quelqu'un les rejoint alors pour faire route avec eux : c'est Jésus. Bien que marchant aux côtés du Ressuscité, il leur fallait le rencontrer en vérité… Cela fut fait au moment de la fraction du pain, un geste familier de Jésus. L'évangile de ce jour nous raconte la suite de ce passage.

Si nous nous arrêtons d'abord sur l'expérience de nos deux pèlerins, nous pouvons comprendre que « ce qui se passe sur le chemin d'Emmaüs et au Cénacle nous renvoie à certains épisodes de l'histoire de notre vie. C'est nous qui marchons à la nuit tombante essayant de traverser tant bien que mal les moments difficiles : l'échec, la maladie ou la perte d'un être aimé. C'est nous qui nous enfermons dans un isolement stérile ruminant nos épreuves. Mais c'est aussi nous qui découvrons, par un concours de circonstances, la joie d'une rencontre fortuite qui nous ouvre un nouvel horizon : Quelqu'un qui nous accompagne sur le chemin de la foi et nous fait découvrir avec simplicité la Parole de Dieu. Aujourd'hui encore, Jésus marche avec nous, sans que nous le voyions. Il vient nous rassurer dans nos moments de doute et de peine. Il est là dans nos joies comme dans nos chagrins. Point n'est besoin de quitter la vie quotidienne pour Le rencontrer ».

Comme les disciples d'Emmaüs, nous sommes invités à faire cette rencontre. Mais il n'y a pas que leur expérience qui est proposée aujourd'hui à notre méditation. Il y a aussi celle des onze apôtres et leurs compagnons, à qui « ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment le Seigneur s'était fait reconnaître par eux à la fraction du pain ».

Les disciples sont à nouveau tous réunis. Ils parlent de Jésus … Il advient ! « Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d'eux », dit l'évangéliste Luc. On imagine volontiers la stupeur des disciples. C'est la vie qui vient les visiter, c'est la résurrection qui vient les habiter. L'Eglise naît d'une rencontre avec le Ressuscité qui lui confie la paix : « La paix soit avec vous ! » dit Jésus ressuscité. Au soir de Pâques, voici que les promesses de paix se réalisent enfin ; il reste aux disciples à en faire véritablement l'expérience. Cette expérience se réalise chez les apôtres dans le souci qu'ils ont de promouvoir le message de la Bonne Nouvelle. C'est ce que fait Pierre quand, sans avoir peur, il annonce à ceux qui l'écoutent la résurrection du « Prince de la vie » et les invite à se convertir et à se tourner vers Dieu pour que leurs péchés soient effacés, comme nous lisons dans la première lecture.

Aujourd'hui, ces auditeurs des Apôtres, c'est nous. Après avoir rencontré le Christ, et remplis de l'Esprit du Ressuscité comme eux, nous sommes appelés à le porter au monde. Pour être de vrais témoins de la foi, c'est dans l'accueil de la Parole de Dieu et dans la fraction du pain, c'est-à-dire l'Eucharistie, que nous devons puiser des forces neuves, comme les disciples d'Emmaüs qui sont rentrés à Jérusalem nourris de leur expérience pour témoigner que Jésus était ressuscité.

Frères et sœurs, avec le même enthousiasme, partageons notre foi en Jésus par notre manière renouvelée de voir les choses et de vivre. Annonçons la Bonne Nouvelle à notre entourage. Dans un monde marqué par l'indifférence religieuse, le Seigneur compte sur nous pour manifester à ceux qui nous voient vivre notre rencontre avec Lui.

                                                                                                                      Père Basile