Paroisse St Pierre en Pays Roussillonnais diocèse de GRENOBLE VIENNE (38)

COVID-19 – Historique des homélies et méditations du Temps Pascal 2021

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2ème Dimanche de Pâques, Dimanche de la miséricorde

Le dimanche après Pâques est pour l'Église le Dimanche de la Divine Miséricorde fête instituée par St Jean Paul II lors de la canonisation de Ste Sœur Faustine Kowalska en 2000.

Le Christ qui est apparu à Sœur Faustine lui avait dit :

« La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu'elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques ».

Lors de cette apparition le Christ a demandé à Soeur Faustine de faire connaître au monde la profondeur de la Miséricorde divine, et ce à travers quatre dévotions qu’il lui recommande d’annoncer.

1 – Réciter le chapelet de la Divine Miséricorde.

2 – Honorer l’image de Jésus Miséricordieux,

      Jésus lui est apparu, portant un vêtement blanc,  la main droite levée en signe de bénédiction l’autre touchant sa poitrine. Dessous ses vêtements sortent deux grands rayons, rouge et blanc sortent de son côté, comme l'eau et le sang lors de sa mort sur la croix. Faustine fait peindre une représentation de cette vision. Jésus promet à Faustine de défendre l’âme qui aura honoré cette image.

3 – Célébrer le Dimanche de la divine Miséricorde : « Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la Fête de la Miséricorde. / Qui s’approchera, ce jour là, de la source de vie, (l'eucharistie) obtiendra la rémission de ses fautes et de leurs châtiments. »

4 – Vénérer l’heure de la miséricorde : « A trois heures (de l'après midi), implore Ma Miséricorde, tout particulièrement pour les pécheurs. Et ne fût-ce que pour un bref instant, plonge-toi dans Ma Passion, en particulier au moment où j’ai été abandonné lors de Mon agonie !

C’est là une heure de grande Miséricorde pour le monde entier. Je te laisserai partager ma mortelle tristesse ; en cette heure, Je ne saurais rien refuser à l’âme qui prie par Ma Passion ».

Quelle est donc cette miséricorde ?

« La miséricorde, c'est le chemin qui unit Dieu et l'homme, pour qu'il ouvre son cœur à l'espérance  d'être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. »

« La miséricorde de Dieu n'est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour comme celui d'un père et d'une mère qui se laissent émouvoir au plus profond d'eux mêmes par leur fils. Il est juste de parler d'un amour « viscéral ». Il vient du cœur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d'indulgence et de pardon. » dit le Pape François.

Miséricorde vient du latin « miser, misera, miserum » qui signifie pauvre, misérable et de « cor, cordis, » le cœur.

Miséricorde signifie donc cœur de pauvre, ou encore cœur tourné vers les pauvres.

Saint Thomas d'Aquin dit « miséricorde signifie un cœur rendu misérable par la misère d'autrui. » La miséricorde consiste donc à avoir le cœur qui bat pour les pauvres. C'est la compassion pour toutes formes de souffrances ; le pardon généreux envers qui se reprend; la patience bienveillante devant la lenteur de la conversion. C'est le cœur qui s'ouvre devant la misère du prochain.

Autrement dit, la Miséricorde c'est l'Amour infini de Dieu.

La miséricorde, c'est l'acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre, qui s'exprime pleinement dans la rémission des péchés.

La miséricorde, c'est aussi ce qui habite le cœur de chacun lorsqu'il jette un regard sincère sur le frère qu'il rencontre sur le chemin de la vie. « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. »  Luc 6, 36

Ce cœur est une attitude de toute la personne, un engagement de la volonté, il pousse à vouloir faire cesser la misère du prochain comme on le ferait pour la sienne. 

La miséricorde de Dieu s'exprime de façon trinitaire dans son Amour infini :

 – Dieu le Père nous a donné la vie par Amour, il a tout créé par la force de cet Amour.

 – Dieu a envoyé son Fils par Amour pour sauver l'humanité de la mort et du péché par la manifestation suprême de cet amour, la mort et la résurrection du Christ.

– Dieu envoie son Esprit par Amour pour nous réconcilier avec Lui par le pardon des péchés.

C'est ce que nous retrouvons dans la Parole de l'absolution sacramentelle :

« Que Dieu vous donne sa miséricorde. Par la mort et la résurrection de son Fils il a réconcilié le monde avec Lui et il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés. Par le ministère de l'Eglise qu'il vous donne le pardon et la paix. »

« Recevez l’Esprit Saint. Tous ceux à qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; Tous ceux à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » nous dit Jésus dans l'évangile de Jean entendu aujourd'hui. Jean 20, 21-23

La miséricorde va bien au-delà de la réconciliation.

Si la miséricorde conduit de manière privilégiée au sacrement de la réconciliation, elle ne se réduit pas seulement au pardon, elle est le lieu où l'on peut faire avec certitude l'expérience de cette action amoureuse de Dieu qui vient guérir le cœur de l'homme blessé par le mal qu'il est capable de commettre.

Laissons nous donc toucher par l'infinie miséricorde de Dieu, par cette manifestation de son Amour et revenons à Lui pleins de joie avec un cœur contrit et converti.

Père Jean-Hugues Malraison          11 04 2021

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Père Basile

Père Basile

IIIe DIMANCHE DE PAQUES / ANNEE B

Comme les disciples d'Emmaüs, cheminer avec le Christ, l'accueillir dans notre vie et devenir ses témoins. Telle me semble l'idée susceptible de guider notre méditation de ce troisième dimanche de Pâques.

Quand on parle de Jésus, il advient. C'est déjà ce qu'il fit au seuil du chemin d'Emmaüs. Peinés et découragés par la terrible épreuve de la Passion et de la mort de Jésus, ces disciples quittent Jérusalem pour retourner dans leur village natal. Chemin faisant, ils échangent leurs points de vue comme pour s'épauler l'un l'autre dans leur déroute. Quelqu'un les rejoint alors pour faire route avec eux : c'est Jésus. Bien que marchant aux côtés du Ressuscité, il leur fallait le rencontrer en vérité… Cela fut fait au moment de la fraction du pain, un geste familier de Jésus. L'évangile de ce jour nous raconte la suite de ce passage.

Si nous nous arrêtons d'abord sur l'expérience de nos deux pèlerins, nous pouvons comprendre que « ce qui se passe sur le chemin d'Emmaüs et au Cénacle nous renvoie à certains épisodes de l'histoire de notre vie. C'est nous qui marchons à la nuit tombante essayant de traverser tant bien que mal les moments difficiles : l'échec, la maladie ou la perte d'un être aimé. C'est nous qui nous enfermons dans un isolement stérile ruminant nos épreuves. Mais c'est aussi nous qui découvrons, par un concours de circonstances, la joie d'une rencontre fortuite qui nous ouvre un nouvel horizon : Quelqu'un qui nous accompagne sur le chemin de la foi et nous fait découvrir avec simplicité la Parole de Dieu. Aujourd'hui encore, Jésus marche avec nous, sans que nous le voyions. Il vient nous rassurer dans nos moments de doute et de peine. Il est là dans nos joies comme dans nos chagrins. Point n'est besoin de quitter la vie quotidienne pour Le rencontrer ».

Comme les disciples d'Emmaüs, nous sommes invités à faire cette rencontre. Mais il n'y a pas que leur expérience qui est proposée aujourd'hui à notre méditation. Il y a aussi celle des onze apôtres et leurs compagnons, à qui « ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment le Seigneur s'était fait reconnaître par eux à la fraction du pain ».

Les disciples sont à nouveau tous réunis. Ils parlent de Jésus … Il advient ! « Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d'eux », dit l'évangéliste Luc. On imagine volontiers la stupeur des disciples. C'est la vie qui vient les visiter, c'est la résurrection qui vient les habiter. L'Eglise naît d'une rencontre avec le Ressuscité qui lui confie la paix : « La paix soit avec vous ! » dit Jésus ressuscité. Au soir de Pâques, voici que les promesses de paix se réalisent enfin ; il reste aux disciples à en faire véritablement l'expérience. Cette expérience se réalise chez les apôtres dans le souci qu'ils ont de promouvoir le message de la Bonne Nouvelle. C'est ce que fait Pierre quand, sans avoir peur, il annonce à ceux qui l'écoutent la résurrection du « Prince de la vie » et les invite à se convertir et à se tourner vers Dieu pour que leurs péchés soient effacés, comme nous lisons dans la première lecture.

Aujourd'hui, ces auditeurs des Apôtres, c'est nous. Après avoir rencontré le Christ, et remplis de l'Esprit du Ressuscité comme eux, nous sommes appelés à le porter au monde. Pour être de vrais témoins de la foi, c'est dans l'accueil de la Parole de Dieu et dans la fraction du pain, c'est-à-dire l'Eucharistie, que nous devons puiser des forces neuves, comme les disciples d'Emmaüs qui sont rentrés à Jérusalem nourris de leur expérience pour témoigner que Jésus était ressuscité.

Frères et sœurs, avec le même enthousiasme, partageons notre foi en Jésus par notre manière renouvelée de voir les choses et de vivre. Annonçons la Bonne Nouvelle à notre entourage. Dans un monde marqué par l'indifférence religieuse, le Seigneur compte sur nous pour manifester à ceux qui nous voient vivre notre rencontre avec Lui.

                                                                                                                      Père Basile

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Bernard BUISSON – Diacre

MEDITATION  sur la  RESURRECTION DU CHRIST à partir de la liturgie du 3ème dimanche de Pâques B

Actes 3,12-15 ; Jean 2,1-5 ; Luc 24,35-48

«  C'est vrai, le Seigneur est ressuscité.  Il est apparu à Simon-Pierre »     (Luc 24,34)

Ce sont ces paroles qu'ont  prononcées  les disciples restés à Jérusalem, en accueillant les deux pèlerins  revenus  dire leur extraordinaire rencontre  sur la route d'Emmaüs,  là où ils ont reconnu  Jésus,  lorsqu'il a rompu le pain.

C'est ainsi que Luc annonce la résurrection du Christ.

Mais il existe d'autres récits de cet évènement  qui échappe toujours à notre raison humaine.

En particulier  je n'ai trouvé chez les quatre évangélistes que six expressions  identiques,  dans le récit de la résurrection, depuis la découverte du tombeau vide jusqu'à l'Ascension.

Certes, ce sont les faits majeurs qui situent la Résurrection,  dans l'espace et dans le temps. Mais  des différences relevées dans les autres formulations, bien que portant seulement  sur des détails, pourraient faire douter de la véracité des faits.

Les quatre Evangiles relatent tous, à l'identique :

– Le premier jour de la semaine, la découverte du tombeau vide,  le dimanche matin.

– « N'ayez pas peur, Soyez sans  crainte »,  les premiers mots prononcés  par les personnages vêtus de blanc,   à l'adresse des femmes venues embaumer le corps de Jésus

– « Il vous attend en  Galilée »(*). les  paroles dites  par ces mêmes personnages pour signifier que le Seigneur  y attend  les disciples pour l'évangélisation.

– Jésus lui-même se montre au tombeau à Marie de Magdala et à d'autres femmes

– Jésus dit aux onze auxquels il apparait : « La paix soit avec vous « 

– Jésus envoie ses disciples en mission : « Allez par  le monde entier proclamer l'Evangile. »

Seul  Luc, dans son Evangile, mentionne la  rencontre de Jésus (incognito) avec  deux disciples sur la route d'Emmaüs,  et  seul Jean, relate la deuxième apparition de Jésus aux disciples, huit jours plus tard, et donc, la confrontation avec Thomas.

Quant aux différences mineures :

On relève chez Luc l'invitation de Jésus  aux onze à voir ses mains et ses pieds, alors que chez Jean,  Jésus invite Thomas à voir ses mains et à porter la main à son côté.

Ces  différences entre les quatre évangiles ne doivent pas semer le doute dans notre esprit, mais au contraire conforter notre foi  en un évènement  qui en est le socle,  bien qu'il échappe totalement à notre entendement.

Nous savons  que les Evangiles ont été rédigés  plusieurs années après la Résurrection, tirés de témoignages  fournis  par  diverses sources,  dont la fidélité a pu être altérée par le temps.

Mais l'authenticité d'un récit unique ne  pourrait–elle pas,  logiquement, être mise en doute. ?

La Résurrection reste un acte de foi, immatériel, qui n'a pas eu de témoin oculaire.

Elle est un mystère  comme tant d'autres mystères demeurent dans l'Eglise et dans la vie.

A commencer par l'amour  qui nous fait vivre mais dont on ne sait rien dire,  si ce n'est  que  ses effets sont bien réels. Un adage populaire ne dit-il pas :    « il n'y a pas d'amour mais seulement des témoignages d'amour ? ».

La résurrection du Christ, de l'Homme-Dieu, précède, explique,  justifie, la résurrection de l'Homme et par là même la dignité de l'Homme,   être unique créé pour, lui-même,  par amour,   et capable de penser, d'imaginer,  d'espérer, d'aimer.

La résurrection  que nous vaut l'amour de Dieu est aussi une invitation à participer,   sur terre,  à la construction du Royaume des cieux ; « Ceux qui ont fait le bien ressuscitant pour entrer dans la vie » (Jean  5,29)

« Allez  par le monde entier proclamer l'Evangile à toutes les créatures. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » (Marc 10,15-16)

Le pape François nous invite à « aller à la périphérie »

C'est là notre Galilée.

AMEN

                                                     Bernard Buisson, diacre      18.04.2021

NB -(*) La Galilée, territoire au Nord de la Palestine, carrefour des nations, brassage de peuples dont les habitants ont été déportés de pays vaincus. Symbole de l'ouverture au monde
C'est là  que Jésus a inauguré sa mission : « les temps sont accomplis. Le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle »  (Marc 1,14-15)
C'est là que les disciples sont invités à se rassembler pour un nouveau départ missionnaire à la suite de Jésus »

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Thierry MERLE (Diacre)

Homélie du 5ème dimanche de Pâques B

« Moi, je suis la vigne, et vous les sarments ! » Cette image utilisée par le Christ  dans l'Evangile de ce jour, nous rappelle la place qu'il doit tenir en nous chrétiens, afin que nous puissions porter du fruit tout au long de notre vie ! Dans une eucharistie, comme aujourd'hui, nous avons à prendre conscience de cet attachement ; nous nous souvenons que notre foi en lui nous permet d'agir en toute confiance. Alors, deux questions se posent : comment être greffés à la vigne, et comment porter du fruit ? 

Comment donc, sinon en suivant notre Seigneur, en le priant de toutes nos forces, en veillant à notre comportement comme il est dit en deuxième lecture « non pas avec des discours, mais en acte et en vérité » et en parlant de Dieu à nos frères, en témoignant de lui, auprès de celui qui cherche comme de celui qui croit… même si les vents sont contraires, même si l'espérance est altérée par la différence, par la lassitude ou par les peurs…

Chers frères et sœurs, il faut bien savoir où centrer notre foi ; cela pour éviter deux écueils qui ont toujours été négatifs voire destructeurs dans l'histoire de l'Eglise : d'une part le « on sera tous sauvés », et d'autre part, le fondamentalisme.

Le « on sera tous sauvés », dont nous en savons d'ailleurs rien et qui ne dépend pas de nous, est fortement démobilisateur, et a participé à vider les églises à la fin du siècle dernier, rendant la pratique accessoire voire inutile. Mais le fondamentalisme est tout aussi nocif. Nous ne sommes pas une religion du livre. La Bible pour les chrétiens n'est pas le Coran pour les musulmans. Et je peux dire que la Bible, dès les premiers chapitres, nous montre qu'un slogan tel que « la Bible, rien que la Bible, mais toute la Bible » disons-le, porté par nombre de chrétiens, ce slogan là n'est pas tenable. Dès la première page par exemple, la création en 7 jours lue d'une façon littérale amène à des non-sens scientifiques, qui perturbent d'entrée de jeu les croyants qui suivent un enseignement rigoriste.

Certes, et il faut le dire, la Bible, c'est Dieu qui nous parle, par la bouche et la plume des prophètes, trésor véritable qui a annoncé Jésus Christ et qui nous a donné toutes les clés de lecture. Et il est heureux et qu'à chaque eucharistie, qu'à chaque liturgie de la parole, ou que dans la plupart des réunions fraternelles, nous en lisions et nous en méditions de bons passages.

Mais si nous disons que nous ne sommes pas une religion du livre au regard du Coran pour les musulmans, c'est que nous, nous ne suivons pas un livre, mais nous suivons une personne : Jésus Christ. Et c'est sur lui que se centre notre regard de croyant. Ainsi, quand le prêtre ou le diacre vous fait acclamer l'évangile après sa lecture, il ne vous demande pas d'acclamer « cette parole », c’est-à-dire ce passage d'évangile lu en particulier, mais « acclamons La Parole », c’est-à-dire au-delà de l'écrit, le Verbe qui l'a dictée. De même, quand le prêtre élèvera le corps puis le sang du Christ : nous nous inclinerons.

Jésus Christ ; Chemin, Vérité et Vie. Jésus Christ, qui vient étancher notre soif en nous donnant l'eau vive. Jésus Christ, qui vient assouvir notre faim en nous donnant le pain de vie. Jésus Christ, qui, par la sève qui monte dans la vigne depuis la profondeur des racines, vient irriguer nos fragiles sarments.

Oui, « Je suis la vigne et vous êtes les sarments ». Nourris par la sève de l'évangile, à nous de porter du fruit !

Thierry Merle diacre, 02 05 2021

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Père Davy

Père Davy

MEDITATION DU SIXIEME DIMANCHE DE PAQUES « B »

Actes des apôtres (10, 25-26. 34-35. 44-48) ; Ps 97 (98) ; 1Jean (4, 7-10) ; Jean (15, 9-17)

A quelques jours de l'Ascension, c'est sur les adieux et les dernières recommandations de Jésus que se fixe la liturgie. Avec affection profonde et confiance inouïe, Jésus s'adresse à nous qu'il appelle mes amis (disciples d'hier, disciples d'aujourd'hui, disciples de demain). A nous comme à des intimes (avec qui il reste attaché dans une communion vivante de cœur et d'esprit), Jésus révèle la pensée de Dieu. Il porte à notre connaissance le secret qu'il tient du Père, notre Père : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime ».

Aimer c'est laisser à Dieu la joie d'être Dieu en nous. C'est faire de sa vie une belle parabole du don et d'oblation, une juste béatitude de partage et d'offrande, une douce mélodie de sacrifice et d'obéissance. Comme Jésus qui a donné sa vie par la mort sur la croix, aimer c'est aller jusqu'au bout du don de sa vie. C'est tout donner et se donner soi-même. Ce qui peut se traduire par des dispositions d'un cœur large, d'un esprit ouvert, d'une vision accordée aux multiples facettes du salut.

Pierre, dans les actes apôtres, témoigne à merveille de l'actualité de cette Parole d'Evangile. Devant cette « Pentecôte païenne », tout aussi enivrante que « la Pentecôte juive », il ouvre la porte du Royaume au Centurion païen et à sa famille. Et Jean, dans sa première lettre, nous porte à voir à travers la pratique de ce commandement, l'expression même de notre participation, aujourd'hui, à la vie de Dieu : « car Dieu est amour »

Vivre c'est aimer. Et aimer c'est être une éternelle prophétie du bien sur terre. C'est laisser passer, par son humanité fragile et blessée par le péché, la grâce du salut de Dieu. C'est rayonner la bonté infinie du Ciel auprès de nos frères et sœurs dans le besoin. C'est faire preuve de foi en l'amour fidèle du Seigneur en faveur des âmes déchirées et perdues. C'est offrir au monde en quête de lumière, l'espérance de toutes les lumières. C'est être une présence porteuse de toutes les consolations que notre temps cherche.

Toi mon frère, toi ma sœur, de quel amour tu aimes ? Comment, dans les secousses de la crise sanitaire, témoignes-tu de la mise à jour de cette Parole : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » ? Que dis-tu de toi-même à la lumière de cette confidence que te fais Jésus ?  

Père Davy B. B.      09 05 2021

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Bernard BUISSON – Diacre

HOMELIE ASCENSION  13MAI 2021 PREMIERE COMMUNION
Marc 16,15-20

Aujourd'hui est un grand jour, pour vous les enfants,  qui allez communier pour la première fois.

C'est un beau jour, le plus beau jour de votre vie, disait-on quand j'étais enfant. C'est aussi un grand jour, pour vos parents qui, le jour de votre baptême, vous ont mis sur le chemin de Jésus, et qui vous ont accompagnés, avec les catéchistes pour vous faire connaître Jésus, le fils de Dieu.

C'est un grand jour pour l'Eglise qui est heureuse que ses enfants (vous : Laly, Mélodie, Juliette, Francis.) s'associent à tous les chrétiens pour le grand repas de la fraternité, par la communion, c’est-à-dire par la participation à la vie de Jésus, donc à la vie de Dieu.

Cette vie de Jésus nous la rappelons tous les dimanches en récitant le « Je crois en Dieu » et en particulier cette phrase : «  Jésus-Christ…est monté aux cieux, il est assis à la droite de Dieu »

C'est cela que nous  fêtons  aujourd'hui, l'Ascension, la montée au ciel du Christ, c'est-à dire son retour à la vie divine, hors de notre vue, mais bien présent dans notre vie.

Dieu étant au-dessus de tout. Dans notre représentation  humaine, Il ne peut être qu'au-dessus de nous, c’est-à-dire dans le ciel.

Il est donc normal qu'après son passage sur terre, sa mort, sa résurrection, et quelques apparitions à des privilégiés, Jésus fils de Dieu, regagne sa demeure céleste, celle de Dieu.

Mais il ne nous abandonne pas pour autant. Ecoutez bien ce que va dire le prêtre dans la Préface, immédiatement après la prière des offrandes :

« … Il ne s'évade pas de notre condition humaine, mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son corps l'espérance de la rejoindre un jour. »

Non seulement Jésus ne nous quitte pas, mais en gardant notre condition humaine, il nous invite à poursuivre sa mission: « Allez dans le monde entier. Proclamez l'Evangile à toute la création. Celui qui croit et sera baptisé sera sauvé. »

J'ouvre ici une parenthèse pour vous rappeler que le baptême n'est pas un acte magique, mais l'accueil de l'amour de Dieu et l'engagement de suivre le Christ et son Evangile.

Vous l'avez entendu dans l'Evangile, le Christ est très concret, il précise les prodiges que pourront accomplir les croyants au nom de Jésus :

« ils  chasseront les esprits mauvais, ils prendront des serpents dans leurs mains, ils boiront du poison, ils guériront les malades

Evidemment, nous devons décrypter ce langage. Nous ne vivrons pas  la montée de Jésus au ciel, mais nous vivons l'Ascension, c’est-à-dire les temps nouveaux d'après la résurrection : l'ère de la foi, le temps du croire sans voir, le temps de la mise en pratique de la Bonne Nouvelle.

Donc, c'est clair, si Jésus est parti physiquement, il est présent, en nous par son Esprit : « Je ne vous laisserai pas seul. Je vous enverrai mon Esprit  Saint »

Jésus est avec nous, mais ce n'est pas pour faire à notre place.

Jésus absent, est tout entier visible dans le frère, présent dans la prière, dans l'Eucharistie, dans le pardon, dans le partage.

Certes les signes qui témoigneront de notre foi, ne sont pas ceux que cite Saint Marc, mais nous devrons chasser les démons de l'égoïsme, du pouvoir, de l'asservissement.

Nous devrons parler le langage de la vérité, de la justice, tordre le cou aux serpents de la calomnie, rejeter le poison de la violence, de l'intolérance, imposer les mains de la générosité, de la compassion, de la douceur.

Aujourd'hui, plus que jamais, peut-être, il nous faut avoir le courage de la mission.

Car, comme Dieu, qui s'est retiré le septième jour, Jésus se retire à l'Ascension  et nous confie la responsabilité de poursuivre la création.

L'Ascension est à comprendre dans la ligne de la création.

Je pense que, maintenant, vous êtes en droit de poser la question : « Concrètement, que devons nous faire pour être nous aussi des artisans de la création ? »

Vous avez raison, il faut traduire les paroles en actes.

Ce sera en appliquant ce commandement du Christ  que nous avons développé dimanche dernier : « Aimez vous les uns les autres, comme je vous ai aimés »

Ce commandement les résume tous.

Et pour être encore plus précis, il nous faut, il vous faudra faire vôtre, la règle d'or valable partout, pour tous :

« Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fasse.» Et plus encore : « faites pour les autres ce que vous voudriez que l'on fasse pour vous » 

Mais, rassurez-vous, vous n'êtes pas seuls. Vous allez recevoir une force.

Cette force c'est l'Esprit Saint, c'est l'Amour.

Puisez-la dans l'Eucharistie, dans cette première communion et dans celles qui suivront.

Mes enfant, rappelez-vous toujours de ce jour. Rappelez-vous que cette première communion engage votre vie, et pas seulement pour aujourd'hui.

Vos parents ne se sont pas engagés  pour le seul jour de leur mariage, mais pour toute leur vie. Quand vous aurez obtenu un diplôme à l'issue de vos études, ce ne sera pas la fin mais le début d'une autre aventure : la vie professionnelle.

Je vous le demande, ne faites pas de cette journée la fin, mais le début d'une  vie nouvelle, une vie de filles et de garçons sérieux, honnêtes, généreux , justes et tolérants dans la vie de tous les jours, accrochés au Christ.

Accrochez-vous au Christ.  Il est  le chemin,  la vérité, la vie.

Vous ne le regretterez pas. Amen

Bernard Buisson, diacre   13 mai 2021

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Père Basile

Père Basile

VIIe DIMANCHE DE PAQUES / ANNEE B

Entre l'Ascension et la fête de la Pentecôte, l'Eglise est encore et toujours une communauté de croyants en mission, suivant la recommandation de Jésus avant d'être enlevé au ciel : « Allez dans le monde entier. Proclamez l'Evangile à toute la création ». Ce qui est une recommandation adressée non pas aux seuls Apôtres, mais à tous les baptisés. C'est à chacun d'entre nous que Jésus demande d'être témoin de la Bonne Nouvelle.

Dans la prière du Seigneur que l'Evangile de ce dimanche nous propose d'entendre, Jésus communique les maîtres-mots dont ses disciples auront à vivre après l'Ascension, les maîtres-mots de leur mission, de notre mission désormais : fidélité, unité, vérité. L'unité de la communauté est comprise comme l'élément essentiel au bon fonctionnement de la mission. C'est dans ce même esprit que le passage des Actes des Apôtres proposé en première lecture rapporte la nécessaire élection de Matthias pour compléter le collège des Apôtres, témoins de la résurrection du Seigneur Jésus, après la désertion de Judas.

« Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m'as donné, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes ». Etre gardé dans le nom du Père, c'est être gardé à l'ombre de la miséricorde du Seigneur qui veut nous bénir et nous faire grâce. Etre immergé dans le nom de Dieu, c'est être en communion profonde avec Lui et donc en communion les uns avec les autres. Etre un, cela veut dire être à l'image du Dieu un, être pacifié intérieurement en communion avec les autres et en communion avec Dieu. Or, ce qui fait l'unité en Dieu, c'est l'amour. Quand Jésus prie pour que nous soyons un comme le Père et le Fils sont un dans l'Esprit, il s'agit donc d'être unis, d'être un entre nous (dans nos familles, nos communautés paroissiales, nos villages et nos quartiers) et avec Dieu, de participer de cet amour trinitaire, d'être embrasés du mystère de l'amour qui est entre le Père, le Fils et l'Esprit Saint. Sachons que « toutes ces rivalités et ces rancunes sont un contre-témoignage pour l'Église. Comment croire des chrétiens qui n'arrêtent pas de se critiquer les uns les autres ? Toutes ces paroles méchantes qui détruisent l'autre sont un obstacle à l'annonce de la Bonne Nouvelle ».

« Je leur ai donné ta parole […]. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité ». Ce que Jésus veut pour nous, c'est d'être mis à part. Il ne s'agit pas avant tout de posséder la vérité, mais d'être consacrés dans la vérité, c'est-à-dire d'être mis complètement du côté de Dieu sur qui on peut s'appuyer parce qu'il est la lumière, le discernement et la vérité au milieu d'un monde qui reste un monde des ténèbres s'il ne se laisse pas éclairer et illuminer par Lui. Si nous sommes consacrés dans la vérité, éclairés par la lumière venant de Dieu, c'est parce que nous sommes choisis pour une mission : celle d'éclairer à notre tour tous ceux et celles qui se trouvent sur notre route. Nous répondons positivement à cette mission lorsque nous sommes, au cœur du monde en proie à la violence, à la haine, à la rancune, « des artisans d'amour, de justice et de paix sans nous laisser dominer ou récupérer par l'esprit du monde qui est, trop souvent, un esprit de domination par la force, l'argent, la violence ou toutes sortes d'injustices … ».

En ce dimanche, nous pouvons unir notre prière pour la réconciliation des membres des familles et des groupes divisés et pour celle des peuples dans les pays déchirés par des conflits. Nous pouvons aussi demander à Jésus pour nous-mêmes la grâce d'être parmi les hommes le reflet fidèle du Père, comme lui-même était le signe de l'amour de Dieu pour les hommes.

Père Basile        16 mai 2021