Paroisse St Pierre en Pays Roussillonnais diocèse de GRENOBLE VIENNE (38)

COVID-19 – Historique des homélies et messages après le Temps de Noël 2022

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Père Basile

Père Basile

IIe DIMANCHE DU T.O / C

Après son baptême, qui a inauguré sa vie publique, Jésus a entamé sa mission consistant à montrer à l'humanité le chemin à emprunter pour aller à Dieu. Non seulement il a commencé à enseigner pour que les hommes connaissent Dieu et l'aiment, mais il a accompli beaucoup de miracles pour fortifier la foi de ses disciples. Le changement de l'eau en vin que rapporte l'Evangile de ce dimanche, est le premier signe qui nous fait entrer sur son chemin missionnaire. Or qui dit signe dit quelque chose qui « donne à penser ». Pour Jean qui le raconte, le signe de Cana renvoie à une réalité profonde : cet évangéliste voit dans l'eau changé en vin le symbole du légalisme religieux faisant place à l'univers du don gratuit fait par Dieu aux hommes.

Le cadre du miracle est ordinaire : un repas de noces, auquel Jésus lui-même est invité, ainsi que sa mère. Ce qui paraît insolite, c'est le manque de vin, alors que le marié était censé en prévoir en suffisance. Mais cela ne paraît pas grave, car la fête pouvait continuer sans vin. Tout au plus, cette pénurie risquait de pourrir la suite. La mention du manque de vin est pourtant ici tout à fait significative, car le récit prend un nouveau virage au moment où Marie intervient pour déclarer très simplement à son fils : Ils n'ont plus de vin. Ce manque a certainement un sens profond « au-delà du seul public de ces noces galiléennes. De fait, le peuple d'Israël a soif d'un bien nettement plus vital que tous les aliments. Ce qui fait défaut au peuple, c'est l'espérance elle-même. Depuis très longtemps en effet, aucun prophète digne de ce nom ne s'est levé en Israël ! Personne n'a jamais plus rapporté le message tant attendu de Dieu ». Par conséquent, le peuple est longtemps resté cette Délaissée, cette Terre déserte, dont parle le prophète Isaïe dans la première lecture. Sans doute Jésus est-il celui qui peut redonner l'espérance manquante, celui qui peut faire que Jérusalem soit nommée par Dieu : Ma préférée, Mon épouse. Car la mutation qu'il apporte par rapport à l'exigence de respecter absolument un certain nombre de règles et d'obligations dans l'ancienne religion ; cette mutation permet la rencontre définitive (les noces) de Dieu et de l'humanité.

Le miracle de Cana réfère donc avant tout à l'alliance de Dieu avec son peuple en son Fils. Ce miracle où Jésus, solidaire dans la joie des convives, vient au secours des époux en difficulté en changeant l'eau en vin, symbolise la présence de Dieu « dans nos moments de bonheur mais aussi lorsqu'une inquiétude se pointe. Il répond aux besoins des hommes et les comble au-delà de leurs espérances […]. [Il est] un Dieu d'Amour au plus près des hommes. Un Amour attentionné jusqu'au plus petit détail dans la vie de chacun ». Ainsi, la religion qu'il nous propose n'est pas l'ennemie de la joie, et la foi en lui ne s'oppose pas au bonheur humain, comme le pensent certaines personnes qui jugent difficile, voire impossible, d'observer les commandements de Dieu. Au contraire, il nous invite à venir à lui pour nous procurer le repos. Il nous faut savoir nous confier au Seigneur aux heures d'inquiétude et lui demander sans cesse de changer notre eau en vin. C'est un appel à la foi, à la confiance en Dieu en chaque circonstance, quelles que soient les situations que nous traversons : il est toujours à nos côtés.

Nous pouvons noter dans le récit de l'Evangile la délicatesse de Marie par rapport au bien-être de son entourage. En révélant le manque, elle apparaît comme le modèle du croyant qui sait se tourner vers Jésus dans une prière de compassion et de demande. Et en disant : Faites tout ce qu'il vous dira, elle se montre confiante. Elle sait, elle connaît, elle a confiance. Comme elle, il nous faut reconnaître la présence même de Dieu parmi nous. A travers l'Eglise, qui révèle la présence agissante du Christ, Jésus continue de changer l'eau en vin pour répondre à l'espérance de notre humanité qui aspire au vrai bonheur. Notre mission à sa suite est de manifester à nos contemporains le message d'amour, d'espérance et de paix du Seigneur, en mettant en œuvre les dons de l'Esprit que nous avons reçus en vue du bien (2e lect.).

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Bernard BUISSON – Diacre

HOMELIE du 3ème dimanche ordinaire C    23 janvier 2022

Néhémie 8, 1CO 12, Luc 1, 1-14.4, 14-21

« Cette parole de l'écriture que vous venez d'entendre,  c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit »

Jésus vient d'être baptisé par Jean-Baptiste. Il a reçu l'onction. Pénétré de l'Esprit Saint,  il commence sa mission : annoncer la Bonne nouvelle du salut pour toute l'humanité.

Dans  la synagogue de Nazareth, celle de son pays, et comme il en a l'habitude, Jésus se lève, monte à la tribune, se revêt du châle de prière, ouvre le livre qu'on lui tend  (plus sûrement, il   déroule  le rouleau de la Loi) et s'arrête à ce  passage du livre du prophète Isaïe (61,1) : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, il m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers  qu'ils seront libres, aux aveugles qu'ils verront la lumière… »

Par ces mots le prophète Isaïe  annonçait  le serviteur de Dieu, le consolateur d' Israël, qui allait combler de joie les déportés de retour de l'exil à Babylone, panser les plaies de ceux qui avaient souffert.

Pas de doute, Jésus se présente comme l'incarnation de cette parole. Il est le Messie. Il est cette parole de Dieu qui se fait vie. Voici venu le temps de la réalisation de la promesse. Le temps où Dieu vit de la vie de ses enfants, le temps où les hommes vivent de la vie de Dieu.

« Le verbe s'est fait chair, il a demeuré parmi  nous »  (St Jean1,14)

En ouvrant le Livre de la Loi, Jésus libère la parole de Dieu. En fermant le Livre, Jésus scelle le sort de l'Humanité, et transforme ses souffrances en joie éternelle.

Car la parole de Dieu n'est pas  faite de mots, mais d'amour. Elle transforme de l'intérieur, la tristesse en joie  la détresse en espérance. C'est pourquoi dans la  première lecture du livre de Néhémie, le prêtre  scribe Esdras invite les juifs  revenus d'Exil à se  réjouir et à festoyer  après avoir entendu la lecture du livre de la loi. « Ne vous affligez pas la joie du seigneur est votre rempart »(Ne 8,10)

Et  le psalmiste chantera :

–          La loi du seigneur est parfaite, elle donne vie

–          Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur

Ainsi  Jésus peut dire avec Isaïe : «L'Esprit du Seigneur est sur moi. Le Seigneur a fait de moi un messie. Il m'a envoyé porter la Bonne nouvelle aux pauvres. »

Cette Bonne Nouvelle c'est l'Espérance que Dieu a mise dans nos cœurs. C'est le royaume  déjà  là

Dieu par le Christ qui nous communique sa condition de fils, fait de nous des héritiers, et nous invite  à partager  sa vie éternelle dans l'amour. Avec st Paul (Ga 2), nous  pouvons dire : « Avec  le Christ je suis fixé à la croix, je vis mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi »

La parole de Dieu, cette Bonne nouvelle se vit dès aujourd'hui malgré les apparences, en dépit des guerres, des catastrophes climatiques, malgré la pandémie, les peines et les souffrances.

Car Dieu qui nous a créés par amour, pour le bonheur éternel, ne peut pas abandonner ses enfants

« Dieu nous  a créés pour le bonheur ; Il nous a appelés pour la grandeur »  dit Maurice Zundel

Ainsi notre vie terrestre a un sens. Elle est un  passage  pendant lequel nous avons une place unique  et irremplaçable à tenir : celle de travailler, selon nos moyens, à l'établissement d'un monde plus juste et plus fraternel, dans la paix le refus du mal et de la souffrance.

C'est une inestimable confiance  que Dieu nous fait  en nous établissant  créateurs d'un monde qui naît dans les douleurs de l'enfantement. Ainsi,  la mort n'est pas un obstacle  mais un  tremplin vers la vie avec Dieu. Elle n'est pas une punition mais une récompense grâce à la résurrection du Christ qui précède la notre.

« Cette parole de l'écriture que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit »

Et s'il nous arrive  d'en douter à cause  des turpitudes  du monde actuel, à cause d'un monde où Dieu n'a plus sa place ; un monde où le compte en banque tient lieu de Credo, où «  Supermaché, Télé, Sécurité », sont élevés  au rang de vertus théologales, nous savons que nous ne sommes pas seuls, nous avons un recours :« Venez à moi vous qui peinez sous le poids du fardeau et moi je vous procurerai  le repos »  (Mat11)

Bernard Buisson diacre